Petőfi gyüjtemény - B sorozat / 45-ös doboz
30 i LA NOUVELLE REVUE est à jamais perdue pour toi. Nulle larme ne peut la rendre. Car, si tu arraches une feuille à la fleur fragile et tendre, là, où elle s’épanouissait, tu la vois flétrie à jamais...... Beaucoup d’entre nous réfléchissent trop tard à ce qu’ils auraient dû faire et ils regardent derrière eux, là où plus jamais ils ne reviendront, le sentier jonché de feuilles mortes, en poussière, et sur lequel s’étendait tout récemment le dôme de verdure des arbres. Le vent qui est passé, soufflant en tempête, ce sont eux-mêmes qui l’ont déchaîné. Mais, comme le dit le poète, nulle larme, nul regret ne feront renaître ce qui n'est plus. Larmes et regrets ne prouveront qu’une chose, c’est que le passé était doux et aimable et qu’il mérite d’être pleuré. Dans le même ordre d’idées, mais s’inspirant d’une énergie amère, puisant pour ses passions aux sources abondantes du fatalisme hongrois, Reviczki a jeté des cris de souffrance. Et, chez lui, il apparaît nettement que ces cris ne sont point appris, jeu d’éloquence ou sang-lots de surface qu’une parole de consolation a vite fait d’apaiser. Ils révèlent, en effet, une trop véhémente amertume. Il est ainsi des lacs sur la surface desquels le moutonnement des vagues fait croire aux troubles dos profondeurs. Il en est d’autres qui gardent l’immobilité de leur miroir. Si l’on descend dans leurs eaux, l'on est pris dans les remous perfides auxquels on ne peuj; échapper. Reviczky n’a point connu probablement la douceur des soirs où l’âme apaisée s’ouvre aux caresses de la nature, se confie au courant des souvenirs. Peut-être aussi que, pour lui, la nature n’avait point de tendresse, et les souvenirs qu’il évoquait ne renfermaient sans doute que les ombres éphémères de la joie, poussière d'or impalpable jetée sur les blessures du cœur et qu’elle ne peut calmer. Rien n’est bon que d’aimer, n’est vrai que de souffrir, avait dit Musset. Reviczky a pu aimer. Et c’est peut-être l’amour qui a été l’origine, le principe même de sa détresse morale. Il a certainement mieux connu la souffrance. A l’en croire, il