Századok – 1988
Tanulmányok - Gebei Sándor: A rendi monarchia (a rendiség) kérdése Oroszországban 283/III
A RENDI MONARCHIA OROSZORSZÁGBAN 335 государства он был и первым служителем государства и народа. К такому выводу автор приходит из формулы, завершавшей заседания земского собора: „бояре приговорили и царь указал". Окончательный вывод автора сводится к тому, что Россию нельзя отнести к сословным монархиям,ибо действовал вотщинский принцип, отношение и право на государственную службу важнее права собственности, действующие институты представительства скорее дополняют, расширяют, а не ограничивают власть царя, позиция царя вне общества доказывает всевластие царя. Автор считает, что состояние дел в средневековой России наиболее точно отражает понятие государственный феодализм. Sándor Gebei LA MONARCHIE DES ORDRES (LE RÉGIME DES ORDRES) EN RUSSIE (Résumé) L'auteur de l'article examine une question souvent débattue par les spécialistes de la société féodale, à savoir s'il y avait ou non une monarchie des Ordres — voire une monarchie associant au pouvoir les représentants des Ordres — dans la Russie médiévale. S. Gebei commence l'étude du problème par une revue systématique de l'historiographie contemporaine. D'après un groupe important, quoique minoritaire, d'historiens soviétiques, le pouvoir tsariste a gardé son caractère absolu jusqu'au bout malgré la constitution des Ordres, et le zemski sobor (une sorte de diète) était un organe destiné à confirmer, à officialiser la volonté du souverain, et non à limiter le pouvoir central. Cependant, selon une opinion plus largement admise, il y aurait un parallélisme complet entre l'évolution de la société féodale russe d'une part, et la constitution des régimes des Ordres dans l'Occident médiéval, de l'autre. Les tenants de cette thèse voient dans l'existence du zemski sobor une formule du partage des pouvoirs. Après avoir présenté ces positions fondamentalement divergentes, l'auteur tâche de résoudre le problème à partir de l'analyse des structures de la société russe du Moyen Age. Il constate que le critère déterminant de l'appartenance à la classe dominante était le droit de porter les armes et de remplir des offices, car il s'accompagnait automatiquement du droit de la propriété foncière et de l'emploi de maind'ouvre servile. (Ceux qui détenaient seulement ce dernier droit n'obtenaient pas forcément le privilège de l'accession aux offices, comportant des allocations annuelles régulières en argent et en terres.) Cependant, le cercle des privilégiés s'élargissait dès la deuxième moitié du XVIe siècle, lorsqu'à côté de l'origine le mérite commençait aussi à constituer la condition essentielle de la nomination à des charges militaires et administratives. L'octroi des privilèges était un droit inaliénable du tsar; aussiles couches privilégiées — laïques aussi bien qu'ecclésiastiques — étaient-elles étroitement attachées au tsar. La personnalité du souverain revêt donc une importance extraordinaire dans cette société: permier personnage en dignité, il est aussi le premier serviteur de l'État et du peuple. L'auteur arrive à cette conclusion à partir de la formule de clôture des séances du zemski sobor: boïarè prigovorili i tsar oukazal („ainsi fut décidé par les boyards, et ordonné par le tsar"): on procéda donc à l'exécution. Gebei conclut finalement que la Russie ne saurait être classée parmi les monarchies des Ordres, pu- • isque: — un principe patrimonial (votclitinni printsip) y prévaut; — le droit d'accession aux charges militaires et administratives a la primauté sur le droit de propriété; — les organes représentatifs existants augmentent encore le pouvoir tsariste plutôt qu'ils ne le limitent; — la position hors-société du tsar est la preuve de son omnipuissance sur la société russe. Selon l'auteur, la notion du féodalisme d'État exprime le mieux la réalité politique et sociale de la Russie médiévale.