Századok – 1983

TANULMÁNYOK - Ágh Attila: "Középkori elmaradottság" és "modern alulfejlettség" 3

47 Attila Ágh "ARRIÉRATION MÉDIÉVALE“ ET ”SOUS-DÊVELOPPEMENT MODERNE“ (Résumé) La naissance et évolution du capitalisme en Europe Occidentale et la genèse du sous-développe­ment moderne aux périphéries du capitalisme mondial constituent, chacune prise à part aussi, des thèmes immenses. La présente étude est concentrée aux deux thèmes, notamment sur la question de savoir quels sont les traits communs et les traits divergentes, dans les pays actuels en voie de développe­ment, du passage primaire du féodalisme au capitalisme, plus exactement de la société précapitaliste dans les formes ambiguës, de dépendance et de sous-développement, du capitalisme. L’auteur passe en revue tout d’abord les ouvrages sur la ’’crise générale“ du capitalisme. Il ne traite pas seulement sous un angle critique les différentes théories qui en analysent les causes, mais il cherche avant tout à montrer comment, dans les années 1970, rhistoriographie ’’nationale“ cède la place à l’histoire économique centrée sur le système mondial. Les discussions entre les partisans de ces deux approches marquent, encore de nos jours, les ouvrages sur ce thème. La première approche est souvent citée comme conception ’’internaliste”, étant centrée uniquement sur l’évolution interne; la seconde comme ’’extemaliste“, puisque là c’est l’évolution externe, c’est-à-dire le développement de tout le système du capitalisme mondial qui est considérée comme décisive. Les discussions entre externalistes et intemalistes remontent aux débats Dobb-Sweezy au cours desquels les questions de l’évolution du capitalisme moderne furent la première fois posées en tant que problème théorique général. Aussi bien, dans la seconde partie de l’étude les étapes d’importance des débats Dobb-Sweezy sont suivies jusqu’à la fin des années 1970. L’auteur prend position sur la syn­thèse esquissée par Ch. Hill et E. Hobsbawm. Au cours des années 1970 ces débats s’inséraient dans les débats dits du mode de production, dont plusieurs participants, étudiant les modes de production du tiers-monde, se retournaient à l’étude de la genèse du capitalisme européen. Il s’agit avant tout des études de Wallerstein qui, dans son ouvrage Le système mondial moderne, trace parallèlement la formation du capitalisme mondial et des capitalismes nationaux en Europe, en constatant, sans équivo­que, la prédominance du premier. La troisième partie de l’étude est donc consacrée à l’alternative ’’féodalisme mondial“ et capitalisme mondial, donc le centre est occupé par le caractère du système mondial né au cours du „long 16e siècle”. Face à Wallerstein, il met en question la naissance de quelque capitalisme mondial, intégralement réalisé, avant la fin du 18e siècle, donc avant la naissance du capitalisme industriel. Dans la quatrième partie de son étude, l’auteur étend à l’évolution de nos jours ses analyses du caractère du capitalisme mondial, et étudie la stratégie actuelle de développement. Notamment, il cherche à démystifier l’idée dite de l’économie urbaine, selon laquelle l’unique forme possible de l’évolution dans les pays en voie de développement est l’évolution urbaine-industrielle, le développe­ment de l’industrie concentré dans les villès qui s’étendra de proche en proche sur toute la structure socio-économique du pays en voie de développement. La marque spécifique du sous-développement moderne est que, dans la vie économique des pays en voie de développement, les enclaves de l’économie urbaine empêchent plutôt le développement agraire qu’elles ne provoquent ’’automatique­ment“ là modernisation de l’agriculture, puisqu’elles absorbent son surproduit et ne voient en elle que la source de main d’oeuvre bon marché. Ainsi, l’examen du sous-développement moderne fait revenir à la ré-interprétation de l’histoire économique européenne. C’est qu’il en ressort clairement que dans le pays classique de l’évolution capitaliste, en Angleterre aussi, le passage au capitalisme s’engage avec la capitalisation de l’agriculture et non pas avec son expansion des villes vers la campagne. L’idée de la primauté de l’économie urbaine était professée par les représentants idéologiques du capitalisme déjà victorieux, avec en tête de Adam Smith, et cette idée reste depuis lors prédominante dans les ouvrages des historiens économiques occidentaux. Le mythe de l’économie urbaine est nuisible non seulement pour la théorie, mais aussi pour la pratique, car, se tenant à ce principe, nombreuses stratégies de développement furent mises en pratique pour les pays en voie de développement qui conduisirent leur évolution dans une impasse.

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