Századok – 1981
TANULMÁNYOK - Makkai László: Örökös jobbágyság és kapitalizmus 320/II
ÖRÖKÖS JOBBÁGYSÁG ÉS KAPITALIZMUS 339 Γ KpynHbiií porarMH CKOT — noCTaBJiHJiHCb He noMeujHJKbHMH, a KpecTbHHCKHMH X03aiícTBaMH, npaneM Β apico Bbipa)KeHHOH KanHTajiHCTinecicOH φορΜε. 3noxa nojiuiero φεο^ΛΗΐΜΒ Β BOCTOMHOÍÍ Eepone OüHOBpeMeHHO CTajra snoxoií paHHero KanwrajiHiMa. no KpaHHeü Mepe TaM Η Β το epeMa, κοι aa H izie KanHTajiHCTHHecKHe npeanpnaTHa BbixoaaT Ha Mnpoeoii puHOH. TaKHM 0Öpa30M, npaB ΦερΜΗ Epousa, Koraa yTBep*aaeT Β CBoefi KHHre, BOCTOHHoeeponeHCKHe xo3aficTBa HMêJiH aea jiHua: Hauyipn — ΦΒΟΛΒΛΒΗΟΕ, ciiapy*H — KanHTaaHCTHHecKoe. László MAKKAI: SERVAGE PERPÉTUEL ET CAPITALISME (Résumé) La formation aux XVI-XVIIe siècles de la "deuxième servage" en Europe de l'Est, et de sa version hongroise "le servage perpétuel" coïncide dans le temps avec la formation du marché capitaliste mondial, voire il y a d'étroits rapports entre les deux. La question se pose donc de savoir quels sont les rapports entre la "deuxième servage" et la transition du féodalisme au capitalisme. Depuis longtemps, d'abondants ouvrages sont consacrés à ces problèmes, dont le plus important, et qui servait de point de départ aux débats ultérieurs, est la thèse de Fr. Knapp, établie en 1887, sur le "dualisme" dans l'histoire agraire allemande, sur le caractère double de la Grundherrschaft occidentale et la Gutsherrschaft orientale. Cette dernière est accompagnée par le statut juridique défavorable appelé par Engels "deuxième servage". Les débats, constituant aujourd'hui une bibliothèque entière, se déroulaient autour de deux ensembles de problèmes: 1) quelles sont les principales caractéristiques de la "Gutsherrschaft" ou de la "zweite Leibeigenschaft", dans quelle mesure elle est marquée par la soumission personnelle du paysan et par la grandeur et le caractère de la corvée; 2) dans quelles régions, à quelle date et avec quelles caractéristiques particulières trouve-t-on ce régime? En ce qui concerne les caractéristiques, il convient de constater que la soumission personnelle des paysans ne coïncidait pas partout avec l'obligation de la corvée, elle pouvait relever du fisc aussi. Quant à l'obligation de domestique, elle ne caractérise que certaines régions. Parmi les types de corvée, seule celle appliquée dans la production est propre à la "Gutsherrschaft", ayant un caractère différent sur les territoires de la „Grundherrschaft", elle était appliquée et plus tôt et plus tard. Quant à la "Gutsherrschaft", on peut considérer comme caractéristique que la soumission personnelle du paysan était institutionalisée pour assurer la corvée, notamment la corvée pour la production agricole, ce qui aboutit logiquement à ce que 15-30%, et parfois davantage, des surfaces productrices des domaines féodaux étaient régis par le propriétaire foncier, labourés en corvée. L'étendue des "Gutsherrschaft", prises dans ce sens, peut être, après de longs débats, fixée avec une précision suffisante: vers le Sud l'empire ottoman n'y appartient pas, vers l'Est la Russie et les principautés roumaines ne s'y joignent qu'au XVIIIe siècle, et à l'Ouest l'Elbe et le prolongement oriental des Alpes forment la frontière. Des tentatives furent faites afin de tracer les contours d'un type intermédiaire entre la "Grundherrschaft" et la "Gutsherrschaft", celui de la "Wirtschaftsherrschaft" existant dans des régions allemandes et bohémiennes, mais celui-ci ne constitue pas un type autonome d'exploitation, il ne forme qu'une transition d'un type à l'autre. Dans la suite, l'auteur démontre que ni le système ni l'aire de la "deuxième servage" ne sont homogènes, qu'elle a des variantes fort divergentes qui remontent en partie au passé et à la structure interne des sociétés en question, et en partie aux conditions de leur intégration au marché capitaliste mondial. En ce qui concerne la Hongrie par exemple, les articles principaux du commerce extérieur, le vin et les bovins, étaient produits non pas dans des exploitations seigneuriales, mais dans des exploitations paysannes, et ce sous une forme très nette d'entreprise capitaliste. Ainsi, en Europe centrale, l'époque du féodalisme tardif était en même temps l'époque du capitalisme précoce, du moins à des endroits et à des périodes où et quand l'entreprise capitaliste produisait pour le marché international en employant des salariés. Fernand Braudel a raison de dire dans son nouveau livre qu'en Europe orientale cette époque a double visage, féodal à l'intérieur, capitaliste à l'extérieur.