Századok – 1977

Tanulmányok - Erdődy Gábor: A forradalmi magyar kormányzat és sajtóorgánumai a németországi változásokról 1848-ban 463/III

AZ 1848-AS NÉMETORSZÁGI VÁLTOZÁSOKRÓL 499 Gábor Erdődy: L'attitude du gouvernement révolutionnaire hongrois et de ses organes de presse devant les changements intervenus en Allemagne en 1848 (Résumé) L'auteur de la présente étude analyse la réaction de la direction politique hongroise présidant à la transformation constitutionnelle et bourgeoise du pays à la révolution allemande, considérée comme partie intégrante du processus révolutionnaire européen, et la mesure dans laquelle la direction politique parvint à suivre entre fin 1847 et fin 1848 les changements de rapports de force en Allemagne. On peut constater que le gouvernement révolutionnaire hongrois suivit avec la plus grande attention le déroulement des événements en Allemagne. Le gouvernement attachait de grands espoirs à la naissance de l'Allemagne unifiée, et s'attendait à ce que la nouvelle formation étatique renforce considérablement le camp des forces démocratiques et constitue un facteur décisif dans la lutte menée contre l'absolutisme tzariste et les gouvernements contre-révolutionnaires. De même, il attribuait une importance extraordinaire au succès éventuel du mouvement d'unification, et ce également du point de vue de la Hongrie. En effect, la conception de politique étrangère qui était la sienne, et qui visait à réduire à la seule union personnelle les rapports de droit public entre l'empire des Habsbourg et la Hongrie, s'insérait à la perfection dans la conception du Parlement de Francfort. On compred donc pourquoi le gouverment Batthyany se hâta de prendre contact avec le Parlement pangermanique et, bien qu'il ait découvert dans les objectifs de celui-ci des éléments négatifs (c'étaient surtout ses visées de conquête qui l'inquiétaient), il s'efforça en se fiant à la coïncidence mutuelle des intérêts fonda­mentaux de faire conclure une alliance mettant un obstacle aux tentatives de rupture des Slaves et de faire reconnaître l'existence nationale d'une Hongrie séparée de l'Autriche. En ce qui concerne l'estimation des rapports de force en Allemagne, les politiciens et les organes de presse partisans du gouvernements faisaient généralement preuve d'une attente optimiste et d'un discernement parallèle des contradictions en présence. Partisans du monarchisme, ils rejetaient les mouvements républicains dépassant les limites de la transformation constitutionnelle et, adoptant un point de vue caractéristiquement bourgeois, mettaient en doute le légitimité des revendications ouvrières. Ils condamnaient également l'attitude souvent rigide et contre-révolutionnaire des gouver­nements qui déniaient la satisfaction des exigences constitutionnelles. C'est sortout dans les tendances particularistes qu'ils voyaient un danger pour le succès des efforts d'unification. Dés le printemps de 1848, ils firent remarquer combien la conception des souverains allemands (surtout les Habsbourg et les Prussiens) était égoïste et visait essentiellement à protéger leurs propres intérêts avant tout autre, mais ils avaient confiance dans les capacités de l'assemblée nationale de Francfort et dans la force de l'opinion publique qu'elle avait derrière elle. Ces espoirs de voir la situation évoluer positivement ne furent même pes ternis par l'avance généralisée dans toute l'Europe de la vague contre-révolutionnaire, et qui plus est, les milieux gouvernementaux dirigeants hongrois, désillusionnés sur la politique de Cavaignac et tendant de plus en plus à gauche, attendaient déjà à l'automne de 1848 des récents déve­loppements de la situation allemande le lancement d'une nouvelle vague révolutonnaire devant montrer l'exemple à toute l'Europe. Bien qu'à la fin de 1848, la réaction ait remporté partout des succès retentissants, le gouvernement hongrois, justement en s'appuyant sur l'expérience enregistrée en Allemagne, attendait de 1849 un nouveau chapitre de la lutte menée pour une Europe bourgeoise et constitutionnelle.

Next

/
Oldalképek
Tartalom