Századok – 1977

Tanulmányok - Fügedi Erik: Kapisztranói János csodái. A jegyzőkönyvek társadalomtörténeti tanulságai 847/V

898 FÜGEDI ERIK Tisza, tandis qu'au sud, dans le massif de Fruska Gora, autre région vinicole, la ville ne pouvait guére étendre ses relations qu'á quelques deux lieues de distance (16 a 18 km). Ce systéme de relations est caractérisé par sa hiérarchisation. Les grandes et petites villes retransmirent aux villages qui les entouraient la réputation de miracle de Capistran. Les petites villes entouraient de beaucoup plus prés que les grandes villes Újlak, dont certaines étaient trés lointaines, comme Pécs, Buda ou Várad (á présent Oradea Mare, en Roumanie). La question se dévait d'étre posée de savoir dans quelle mesure le seigneur du lieu, Miklós Újlaki, influen?a ce tableau. Újlaki possédait d'immenses domaines dans les parties les plus éloignées du pays. La réponse est surprenante: personne ne vint jamais de ces domaines ä Újlak. L'analyse de la collaboration de Capistran avec les observants (Cf. la disposition des monastéres, carte n° 2) en tant que facteur d'influence a donné des résultats contradictoires. On a en effet pu établir que les discours tenus par Capistran dans les grandes villes, et que ses contemporains disaient trés impressionnants, n'eurent probablement d'influence marquante que sur les habitants de Szeged. Le plus réussi de ces discours fut prononcé au nord-ouest d'Újlak, entre le Danube et le ville de Bács; il s'agissait d'une propagande en faveur de la croisade, développée en juin 1456, dans l'atmosphere tendue d'avant l'historique betaille de Belgrade, et il est vraissemblable que le territoire ou ce discours fut prononcé n'appartenait plus au rayon d'action d'Újlak. 2. Les différentes couches de la société hongroise réagirent diversement au mouvement observant, qui possédait de 38 á 40 monastéres en 1456, surtout dans la partié méridionale du pays. L'aristocratie et le haut-clergé, qui firent tant du vivant de Capistran pour entrer en contact personnel avec lui, n'apparaissent que sporadiquement dans les compte-rendus, et leurs représentants y font preuve d'une certaine primitivité de pensé. C'est ^insi que l'un d'entre eux considére sa guérison comme un . . . rendű pour un prété, car il avait invité Capistran dans deux de ses cháteaux de son vivant! Les aristocrates étaient disposés á soutenir „par le haut" l'ordre et la cause de la canonisation de Jean de Capistran. La petite-noblesse aisée de province, qui calquait complétement son attitűdé sur celle de l'aristocratie, est également absente des procés-verbaux. La grandé majorité des témoignages furent le fait de la bourgeoisie de la ville et de la paysannerie. Les miracles resserrérent les liens entre cette couche et les observants, ce qui devait s'avérer un demi demi-siécle plus tard, lors des révoltes paysannes. 3. Les procés-verbaux des miracles de Capistran sont particuliérement intéressants du fait qu'ils nous permettent de nous faire une idée de la vie religieuse de la paysannerie - qui représentait plus de 90% de la population du pays -, sujet sur lequel nous ne possédons aucune autre source. En analysant séparément les cas, on se rend compte que c'est exclusivement en cas grave que les fidéles faisaient le voeu d'accomplir le pélerinage du tombeau de saint Jean de Capistran. Sur les 407 cas analysés, 10 portent sur une libération miraculeuse de la captivité turque, ce qui vient entiérement á l'appui de ce qu'écrivit le dominicain Frater Georgius de Hungaria ä propos de la captivité turque dans son traité intitulé De moribus et nequitia Turcarum. . . (Rome, 1480), ä savoir que les prisonniers, outre le traitement inhumain auquel ils étaient soumis, tremblaient surtout de perdre le salut de leur äme. Les autres cas portent presque sans exception sur des guérisons, et les miraculés sont en majorité des gar?ons et des filles de moins de quinze ans. La coutume voulait que, pour faire voeu d'aller en pélerinage au tombeau, le futur pélerin s'agenouille, ferme le poing et léve les yeux au ciel pour prononcer son voeu. Dans certains cas, le compte-rendu cite mot pour mot le texte du voeu, et l'on peut constater que les fidéles, surtout les femmes, avaient une connaissance étonnante de la Bible et du style ecclésiastique. Quant á la forme que revétait la préparation á la mort, eile correspondait en tous points á celle qui était habituelle parmi les chrétiens de l'Europe de l'Ouest au Moyen-Age (Ariés).

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