Századok – 1977

Tanulmányok - Fügedi Erik: Kapisztranói János csodái. A jegyzőkönyvek társadalomtörténeti tanulságai 847/V

KAPISZTRANÓI JÁNOS CSODÁI 897 Erik Fügedi: Les miracles de saint Jean de Capistran Les enseignements de leurs procés-vorbaux du point de l'histoire sociale C'est trois mois á peine aprés sa splendide victoire sur les Turcs á Belgrade que s'éteignit saint Jean de Capistran, le 23 octobre 1456, au monastére franciscain d'Ujlak (a présent Ilok, en Yougoslavie). Le Maítre d'Ujlak, Tun des plus puissants aristocrates de la Hongrie du XVe siécle, ainsi que toute la ville, considéraient Capistran comme un saint dés avant sa mort, et plusieurs miracles se produisirent pendant la semaine oü son corps fut exposé sur son catafalque. Aprés que le corps ait été enseveli définitivement dans l'une des chapelles du monastére, les guérisons miraculeuses allérent se multipliant, et le tombeau de Jean de Capistran devint un lieu de pélerinage. L'aile observante de l'ordre franciscain attachait une trés grandé importance a la canonisation de Capistran, et le vicaire de la province hongroise manda dés l'automne de 1458 des émissaires chargés d'établir, en collaboration avec la commission qu'avaient formée les bourgeois d'Ujlak, le procés-verbal des miracles. Le premier de ces compte-rendus a malheureusement été perdu, mais on en a retrouvé plusieurs variantes postérieures; dans la présente étude, nous nous consacrons á l'analyse de trois de ces variantes. 1. Le procés-verbal de1 188 miracles arrété le 21 avril 1460 par la ville d'Ujlak, complété aprés coup, et dont l'original a été perdu lui aussi, mais figure sous forme de copie d'une part a la Bibliothéque Nationale de Paris (MS ) et d'autre part á la Biblioteca Nazionale de Naples (Mise. II. A. 44.), l'exemplaire conservé á Paris ayant été publié en fac-similé par Maáuran. 2. Un exemplaire plus détaillé du mérne procés-verbal, faisant état de 260 miracles, est conservé á la bibliothéque du monastére San Isidoro de Rome. La confrérie franciscaine de Hongrie a eu l'amabilité de nous en communiquer une copie préte á l'édition. Cette copie a été effectuée pendant l'entre-deux-guerres par trois historiens hongrois, P. F. Kaizer, P. Lukcsics et F. Dőry. 3. Ces mémes historiens devaient copier un codex ,,du Vatican" (malheureusement, toute autre précision manque) en trois parties, la deuxiéme étant consacrée a un recensement de 111 miracles collectés pendant l'été de 1461 á Újlak par un franciscain hongrois, János Geszti. Ces trois compte-rendus présentent les caractéristiques suivantes: a) ils décrivent les miracles tellement en détail que l'on peut mérne juger de l'attitude des acteurs de la scéne; b) il y est fait mention du nom des témoins et du rapporteur, de leur adresse précise et de leur position sociale. Ces informations peuvent étre appréciées de diverses maniéres. En l'occurrence, nous les avons traitées selon trois aspects: 1. l'infrastructure médiévale d'Ujlak; 2. les rapports entre l'observance franciscaine et la société hongroise; 3. certains traits de la religiosité de la paysannerie. A titre d'introduction, nous devons préciser qu'Ujlak était dans la Hongrie du XVe siécle une ville grandé et riche. Elle tirait sa richesse de sa production vinicole (c'est de la que provenait á l'époque le meilleur vin de Hongrie), et le vin était envoyé en partié.á Buda, la capitale du pays, par le Danube, et en partié en Pologne par la Tisza, en passant par Szeged et Kassa (á présent KoSice, en Tchécoslovaque). La ville était située entre le chaáteau du seigneur et le Danube, sur une colline. Elle comptait un hermitage de franciscains et un autre d'augustins, ainsi qu'un nombre incalculable d'institutions religieuses ayant de gros revenus. Parmi les artisans d'Ujlak, les bouchers et les fourreurs furent les premiers a se réunir en Corporation. Selon les procés-verbaux dont nous disposones, les miracles rapportés n'eurent pas moins de 50 bourgeois d'Ujlak pour témoins. 1. Si l'on fait exception des habitants de la ville, les acteurs des faits rapportés étaient venus de 181 agglomérations différentes en pélerinage au tombeau de saint Jean Capistran. Malheureusement, 32 de ces agglomérations n'ont pu étre localisées. La carte n° 1 permet de juger de la Situation géographique. II semble que l'extension des villages liés ä Újlak ait été bien moindre vers le sud que vers le nord. L'extension de l'aile nord-est peut sans doute étre expliquée. En effet, Újlak, tout entiére consacré á la viticulture, avait surtout besoin de blé, céréale qui était cultivée entre le Danube et la

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