Századok – 1976

Tanulmányok - Pölöskei Ferenc: Hatalmi viszonyok 1919 őszén Magyarországon 757/V

800 PÖLÖSKEI i'ERENC F. Pölöskei: Rapports de pouvoir en Hongrie à l'automne de 1919 (Résumé) Après la chute de la République des Conseils, on peut considérer le gourvernement de six jours de Peidl comme une période à part dans la politique gouvernementale du pays. Ce gouvernement, qu'on a l'habitude de désigner comme «gouvernement syndical», fit annuler les mesures prises par le gouvernement des Conseils et se considéra comme l'hé­ritier de la révolution démocratique bourgeoise. Entre-temps, les troupes royales roumai­nes avaient fait leur entrée dans Budapest, et un nouveau gouvernement fut créé avec leur aide le 6 août 1919, sous la direction du légitimiste István Friedrich. Cette nouvelle formation gouvernementale se retourna, non seulement contre la République des Conseils, mais aussi contre la révolution démocratique bourgeoise, et proclama le retour à l'état juridique d'avant octobre 1918. Mais il ne put appliquer cette décision dans sa politique, par suite de l'écroulement définitif de la Monarchie Austro-Hongroise. A l'automne de 1919, les puissances victorieuses de l'Entente ne participèrent pas non plus au rétablisse­ment du Parlement à deux chambres existant précédemment, et elles exigèrent l'exten­sion du droit de vote. Mais dans le même temps, les représentants des classes hongroises dominantes, par peur de nouvelles révolutions, désiraient l'établissement d'un gouver­nement plus rigide et antidémocratique que l'ancien. Dans la partie non occupée de la Transdanubie, le «chef suprême» Horthy s'attaqua à la tâche de mettre sur pied un sys­tème de pouvoir tout simplement fasciste. A l'automne de 1919, par suite de l'accès au pouvoir du gouvernement Friedrich, on peut distinguer trois tendances dans la politique gouvernementale et la législation. La plus forte était sans conteste la tendance fasciste ouverte et terroriste représentée par Horthy et les siens. Parallèlement, pourtant, on vit se dessiner une tendance diffé­rente de celle des horthystes, mais cependant très proche d'elle: la tendance conservative des classes dominantes traditionnelles, qui aspiraient au retour aux conditions de pouvoir en vigueur avant octobre 1918. Enfin, certains tenaient compte dans une certaine mesure des désirs libéraux des puissances de l'Entente et des exigences de l'opposition intérieure du pays. Bien que la proportion et l'influence de ces trois tendances aient changé de temps à autre, ce sont finalement elles qui ont déterminé l'essence et le caractère de la contre­révolution. Ces tendances fondamentales devaient également déterminer le caractère et le contenu des tendances politiques, des partis et des syndicats. A l'époque des révolutions, on vit se renforcer l'organisation de groupes et d'organisations fascistes et d'extrême­droite créés ou recréés pour lutter contre les forces révolutionnaires. Ces groupes et ces organisations étaient liés aux partisans de Horthy non seulement politiquement, mais aussi organisationnellement •et idéologiquement. L'idéologie «chrétienne, nationale», l'opposition à la révolution et au progrès, ainsi qu'un programme extrémiste d'antisémitisme formait l'essentiel de leurs principes. Horthy et ces organisations considéraient comme dépassée et nuisible l'existence même du parlementarisme et des partis bourgeois, ainsi que leurs affrontements. Pour eux, tout cela ne faisait que diviser la société „chrétienne, natio­nale", et permettre à une politique et un esprit „destructif" de refaire surface, ce qui pouvait conduire à une nouvelle révolution. Les vues dictatoriales de Horthy en matière de politique intérieure ne faisaient donc aucune place aux partis socialistes, démocratiques et libéraux, ni même aux partis bourgeois conservateurs traditionnels. Ce n'est donc guère sa faute si l'organisation des partis démarra quand même, par suite des conditions et des objectifs de pouvoir données. Le traité de paix ne pouvant être ratifié que par les organes législatifs, la convocation du Parlement ne put être rayée de la vie politique intériure. Mais, par égard aux Etats voi­sins alliés à elle, l'Entente ne puvait tolérer une dictature fasciste militariste en Hongrie. A l'époque des contre-révolutions, des changements importants se produisirent dans la situation économico-sociale et politique des classes hongroises dominantes tradi­tionnelles, c'est-à-dire des grands propriétaires et des grands capitalistes. Us perdirent en effet une grande partie de leurs biens (ils ne reçurent qu'un dédommagement aux ter­mes des accords de Trianon). Leur pouvoir sur les ethnies prit fin, et ils connurent un affaiblissement considérable par suite de l'écroulement du marché monarchique unifié. Par-dessus le marché, la possibilité de voir se répéter les révolutions ébranla aussi leur

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