Századok – 1971

Tanulmányok - Kosáry Domokos: Napóleon és Magyarország 545/III–IV

628 KOSÁB.Y DOMOKOS D. Kosár y: Napoléon et la Hongrie Résumé La présente étude embrasse davantage que son titre ne laisse espérer. Elle analyse avant tout la politique hongroise de Napoléon, ici l'auteur se base en partie sur les docu­ments inédits des archives. Il traite les rapports des émissaires, des observateurs envoyés par Napoléon, il s'occupe en particulier de l'action de 1809 quand l'empereur par une pro­clamation a invité — sans résultat — les Hongrois à reconquérir leur indépendance, à se détacher de la maison des Habsbourg. Pour l'auteur tout cela ne sert d'ailleurs qu'à un point de départ et à une occasion de démontrer les principales tendances politiques présentes dans la société féodale hongroise de l'époque. L'analyse est faite par la stricte mesure de l'écho de l'action napoléonienne. A l'aide d'une telle sorte d'analyse l'on peut obtenir une image plus authentique, plus claire de celle existante jusqu'ici dans la lit­térature historique. Donc l'étude se veut passant au delà des rapports politiques existants entre Napoléon et les Hongrois faire l'analyse des questions fondementales concernantes le développement politique et social du pays au tournant des 18e et 19e siècles. Aussi tente-t-elle de corriger certaines vues s'avérant fausses. Au début l'auteur soumet à l'analyse les rapports français qui présentent la poli­tique de la Hongrie d'une façon assez contradictoire. Ils montrent le pays une fois loyal, d'autre fois prêt au soulèvement armé. En effet ces variantes coexistaient comme tendances, mais elle ne se faisaient pas valoir avec la môme intensité. La noblesse hongroise s'attachait avant tout à ses privilèges. Pour cette raison, elle s'alignait pour la plupart des cas aux côtés de la Cour de Vienne contre la France révolutionnaire. En même temps elle considérait préjudiciable la position économique et poli­tique du pays, subordonnée et dépendante au sein de la monarchie des Habsbourg. Loyauté féodale, opposition féodale forment les deux côtés d'une même noblesse mais le côté oppositionnel — surtout en cas de crise — ne représente aucune force sérieuse. Les observateurs français ne mentionnent que d'une façon indirecte l'existence d'une autre, si l'on veut la troisième ligne, celle antiféodale de la politique hongroise et ils ne la distaingaient pas de l'opposition féodale. Cette politique représentée par les réfor­mistes éclairés, par les «jacobins» hongrois s'opposait aux deux facteurs principaux du ré­gime féodal, c'est-à-dire aussi bien à la Cour de Vienne qu'aux seigneurs féodaux. Cer­tains signes prouvent que cette politique avait des adhérents — pas très nombreux pour dire la vérité — même après l'exécution des dirigeants du mouvement des jacobins. Us se recrutaient parmi quelques nobles des réformistes et les intellect uels qui les joignaient. Il est bien compréhensible prenant en considération les rapports de force politiques que cette dernière variante soit la plus faible, la plus cachée mais qu'elle avait la plus grande perspective pour l'avenir. Les témoignages et propositions que Napoléon a reçus de ses émissaires démontrent clairement l'existance de plusieurs lignes en partie contradictoires dans la politique française. Les uns voulaient mobiliser l'opposition féodale hongroise en lui permettant de conserver leurs privilèges pour l'abolissement de la monarchie des Habsbourg, ac­ceptant le principe de «l'indépendence des nobles et l'asservissement des paysans» (Lacuée). D'autres proposaient non pas la liquidation mais la réorganisation de la Monar­chie des Habsbourg en déplaçant son centre vers l'Est, en Hongrie (Lezay). Au cours de la guerre de 1806 Napoléon offra d'abord la neutralité à la Hongrie, sans aucun écho, puis influencé par Talleyrand il opta pour le maintien de la Maison des Habsbourg. Entre 1806 et 1809 nous rencontrons les signes de la polarisation politique. Il paraît instructif à cet égard de prendre pour comparaison l'exemple de la Pologne qui montre une pareille accentuation des tendances progressives et rétrogrades autour de l'organisa­tion du Duché de Varsovie. En Hongrie les deux côtés attendaient que la crise immi­nente apporterait une solution définitive au sort de la monarchie. Les deux parties pleines d'espoir et de peur croyaient sans motif que l'éventuelle victoire de Napoléon signi­fierait non seulement la chute de la maison des Habsbourg mais aussi l'abolissement des privilèges féodaux de la noblesse. Pour cette raison la majeure partie de la noblesse dans l'esprit du nationalisme féodal appuyait entièrement la Maison des Habsbourg. L'opposition féodale, surgie pour un certain temps en 1807, s'est totalement tue alors.

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