Századok – 1971
Tanulmányok - Kosáry Domokos: Napóleon és Magyarország 545/III–IV
NAPOLEON ÉS MAGYASOKSZÁG 629 Par contre réformistes et jacobins dont le nombre était très restreint, ont pris de l'espoir et préparaient des propositions progressistes pour l'arrivée des Français. L'étude traite d'une façon détaillée un important projet de réformes élaboré en langue française pour Napoléon par Gergely Berzeviczy, un gentil-homme d'esprit progressif qui avait participé au mouvement des jacobins. Le projet visa l'émancipation des serfs (avec leurs tenures), l'abolissement du régime féodal, la réforme poussée de la Diète, tie l'administration et de la juridiction, il voulut faire bénéficier le peuple de droits politiques et confisquer les propriétés de l'Église etc. La décision fut apportée par la guerre de 1809. Napoléon adressa une proclamation aux Hongrois laquelle n'eut aucun écho sérieux malgré le fait qu'elle avait été propagée par les troupes françaises qui occupaient la partie occidentale du pays. L'explication en est que Napoléon faisait appel avant tout à l'opposition féodale aux nobles mécontents qui — selon l'esprit du nationalisme féodal se retournèrent contre lui. Les Français étaient attendus avec enthousiasme par les jacobins et en certains lieux par 1ез serfs. Mais eux, ils n'étaient nullement appuyés par Napoléon et ses généraux. L'étude analyse d'une façon particulièrement détaillée la conduite de Ferenc Kazinczy, un des figures dirigeantes de la littérature hongroise de l'époque, pendant la crise de l'année 1809. Jusqu'à présent les critiques littéraires — en répétant les vues de József Révai auteur marxiste bien connu — considèrent que la pensée du progrès était représentée de la façon la plus adéquate par Ferenc Kazinczy face au radicalisme politique des jacobins et celui «économique» de Gergely Berzeviczy étant donné que la réponse faite par la Hongrie à la Révolution française était la réforme de la langue et la création de la nouvelle littérature où Kazinczy avait un rôle prépondérant. En réalité la réplique des Hongrois était d'une part la tendance antiféodale des jacobins, d'autre part le nationalisme féodal de la majorité de la noblesse afin de sauvegarder leurs privilèges. La réforme de la langue tout en étant indispensable au développement bourgeois s'accomplissait en Hongrie, comme plus tôt en France, dans le cadre de la féodalité. Kazinczy, adhérent du mouvement jacobin en 1794, après avoir été emprisonné pendant 7 ans, se joignit entièrement la majorité des nobles et en soutenant de toute sa force le nationalisme féodal s'attaquait sans cesse à tous ceux qui étaient partisans de la tendance antiféodale et de la pensée du progrès social. Il considérait comme ses principaux adversaires: János Batsányi son rival littéraire, celui qui formula le texte hongrois de la proclamation de Napoléon et qui suivit les Français jusqu'à Paris et Gergely Berzeviczy représentant non pas un radicalisme économique bien sûr, mais un programme de réformes culturel social et politique très étendu. L'analyse approfondie de la crise de l'année 1809 aboutit ainsi à avoir un tableau plus clair sur lequel apparaît l'opposition des deux tendances principales: le nationalisme féodal et l'antiféodalisme progressif.