Századok – 1963
Tanulmányok - Szűcs László: A magyarországi polgári radikalizmus kialakulásának történetéhez 1205
A MAG VAK ORSZÁGI P01.GÁKI RADIKALIZMUS KJAJ AKÜI.ÁSÁNAK TÖRTÉ KM ÉHEZ 1241 Lea prolétaires français ne sont pas seuls à en être enthousiastés, Anatole France, le roi de l'esprit français, s'en trouve, lui aussi séduit.» De telles réflexions renvoient à ce qu'en présence d'une critique marxiste appropriée les jeunes radicaux auraient été en mesure de se rapprocher du mouvement socialiste. Une critique de cette nature fit pourtant défaut et se vit remplacée par celle d'Ervin Szabó, adoptant à cette époque-là une position nettement syndicaliste. Sous l'effet de cette critique — qui d'ailleurs ne tarda pas de provoquer entre eux de vifs débats dans la presse — ils prirent une attitude qui veut que le mouvement socialiste revête un aspect purement ouvrier et quant à eux, que leur rôle se borne à influer au sens progressif sur les couches intellectuelles et petitesbourgeoises. Au cours de la première moitié de 1905 Oszkár Jászi venait de subir un notable effet qui le poussa vers la gauche; à titre de voyage d'étude il passa quelques mois en France et fit la connaissance des plus notables représentants français de la sociologie positiviste dont il se vit rapidement désillusionné. «Dürkheim et ses adeptes — écrit-il — font, sous l'aspect positiviste, de la métaphysique ... la conception moderne se révèle beaucoup plus réactionnaire qu'elle ne l'était il y a 30 ans ...» Par contre il se trouve bien à son aise dans les milieux des socialistes français de gauche. Ces souvenirs, voire la révolution russe de 1906 et la crise politique et sociale éclatée parallèlement en Hongrie ne purent les écarter de leurs conceptions susindiquées formées à la suite des débats ouverts avec Ervin Szabó. Lors de la crise politique qui régnait en Hongrie ils portèrent des efforts pour unir les forces des deux principaux facteurs: celle de la coalition dominant sur les masses d'esprit national et celles de la social-démocratie, sans y avoir toutefois enregistré un résultat quelconque. . En 1906 leur groupe se rallia à la franc-maçonnerie en renforçant de cette manière l'aile progressiste de celle-ci. La majorité des membres de ce cercle finit par s'adapter au niveau des réclamations de la petite bourgeoisie, cercle qui en 1914 parvint à créer sous la direction d'Oszkár Jászi le Parti Bourgeois Radical. Ce Parti ne se représenta pas au Parlement hongrois. Ce n'est qu'à l'époque de la révolution bourgeoise de 1918 que deux de ses membres, Oszkár Jászi et Pál Szende, prirent part au gouvernement. Au printemps de 1919 le Parti fut déclaré dissout. Oszkár Jászi et son groupe inscrivent à leur actif de notables mérites pour avoir précisé les revendications de la transformation bourgeoise démocratique survenue en Hongrie. Une partie des résultats de cette activité de vaste envergure (touchant les problèmes tels que la politique nationalitaire, la réforme de l'enseignement public, la réforme agraire, la politique douanière, etc.) se virent mis à profit non seulement au cours de la révolution bourgeoise de 1918, mais aussi à l'époque de celle de 1919. On ne saura nier qu'ils ont fait davantage à cet égard que le Parti Social-Démocrate de Hongrie. Lors de la constatation des problèmes qui se posèrent à la société hongroise nous assistons dans le rangs des intellectuels radicaux à l'activité des personnages qui dans la suite devinrent des peronnalités éminentes du mouvement ouvrier révolutionnaire. Ce qui fit que le cercle des intellectuels radicaux soit considéré comme le berceau de «l'intelligentsia» révolutionnaire hongroise. L. Szűcs