Századok – 1963

Tanulmányok - Szűcs László: A magyarországi polgári radikalizmus kialakulásának történetéhez 1205

1240 SZŰCS LÁSZLÓ aux vestiges de l'ère féodale et aux phénomènes qui se présentèrent dans le système capitaliste arrivé au seuil de l'ère impérialiste. Issus des organisations bourgeoises­démocratiques ces groupements se reculèrent successivement devant les problèmes de grande envergure leur posés par le socialisme et cela dans une époque où les objectifs de nature bourgeois-démocratique n'étaient à réaliser qu'en alliance avec le prolétariat. Au tournant du siècle un groupement composé de quelques jeunes intellectuels, rassemblés autour de la revue des sciences sociales, Huszadik Század, et réunis dans la Société des Sciences Sociales, était seul à dépasser ce niveau, groupement qui dans la suite constitua le noyau du Parti Bourgeois Radical de Hongrie. Une de ses figures les plus marquantes, qui, clans la suite devint son chef, fut Oszkár Jászi. L'évolution idéologique de ces jeunes intellectuels radicaux se rattacha à un enthousiasme éprouvé par eux à l'égard de la sociologie de Tarde, Dürkheim et en premier lieu de celle de Spencer, mais les idéologues hongrois, tels Ágost Pulszky et Gyula Pikler étaient ceux qui y exercèrent le plus notable effet. Empreintes d'aspects chauviniste et clérical les sciences sociales se révélèrent à cette époque peu développées et accusèrent un état arriéré. Comparée à cet état de choses la sociologie positiviste développée au tournant du siècle marqua un immense progrès; étant donné, toutefois, que cette école ne put répondre aux problèmes excitant un vif intérêt parmi ces jeunes intellectuels-, problèmes qui touchèrent maintes difficultés surgies dans le domaine social, ils se mirent sous peu à s'informer sur des théories d'autre nature. Cependant leur instruction due à l'école positiviste des sciences sociales n'était pas sans laisser de traces profondes dans leur esprit, traces dont la plupart d'eux n'était pas à même de s'émanciper. La nouvelle époque du capitalisme qui inscrivit objectivement à son ordre du jour la révolution prolétarienne et la possibilité de la conquête éventuelle du socialisme dans un seul pays et au cas échéant même dans plusieurs, ainsi que la question d'une nouvelle stratégie ou tactique à appliquer par la classe ouvrière conformément aux exigences de l'évolution nationale, imposa à toutes les couches d'adopter une prise de position à cet égard. Il est de toute évidence que cette tendance d'évolution sociale qui renvoya déjà au socialisme ait exercé un effet accentué sur le groupe des jeunes intellectuels. Oszkár Jászi et ses amis (Bódog Somló, József Madzsar, Lajos Leopold fils, Károly Méray-Horváth et d'autres), subissant l'effet de l'idéologue marxiste, Ervin Szabó, adhérent de leur cercle en raison de liens d'amitié personnelle, portèrent dès 1903 un intérêt accen­tué à la théorie socialiste. Parmi les courants d'idée recelés par cette théorie ils s'appro­chèrent de la tendance révisionniste du fait que les représentants internationaux de celui-ci — tout en cherchant une explication aux nouveaux phénomènes surgis dans le système capitaliste — insistèrent sur «le complément» du marxisme par de différentes théories positivistes. L'ouvrage d'Oszkár Jászi «La théorie d'État du matérialisme histo­rique» se révèle un excellent extemple pour le procédé qui, partant de la sociologie positi­viste arriva — par l'intermédiaire des enseignements de Marx et d'Engels et par leur critique — à conduire ce groupe d'intellectuels à accepter les théories de Bernstein. Il convient toutefois de souligner sous ce rapport que déchoir de la plate-forme du marxisme révolutionnaire jusqu'au révisionnisme est une question d'autre nature que d'aboutir — enracinés dans le sol de la sociologie positiviste professant la validité perpétuelle du régime capitaliste et s'avérant son défenseur idéologique — jusqu'à accepter le socialisme, même si cette attitude se présentât sous un aspect révisionniste. Dans cette phase de leur évolution idéologique — leur correspondance y renvoie également — ils entendirent faire prévaloir leurs conceptions par une activité déployée au sein du Parti Social-Démocrate. Cependant les erreurs commises par les dirigeants social-démocrates de Hongrie et non en dernier lieu une attitude d'éloignement et une sous-estimation du point de vue intellectuelle qui les séparaient de la classe ouvrière, mirent obstacle à cette activité. Un témoignage en est le fait qui atteste qu'à la place du Parti Social-Démocrate ils envisagèrent de créer un nouvel parti sous le nom de Parti Socialiste Hongrois et ce faisant ils venaient de préciser comme leur tâche la plus impor­tante à résoudre d'y remplacer les anciens dirigeants par ceux recrutés dans les milieux intellectuels. Le nouveau programme établi par Jászi n'a épuifcé, à vrai dire, pas même les objectifs prescrits par une position bourgeoise-démocratique, en tant qu'il ne dit mot, par exemple, de la réforme agraire et, en ce qui concerne la question des nationalités, ses conceptions y relatives ne s'écartèrent guère de celles prêchées par le gouvernement officiel de l'époque. Leurs conceptions ne sont toutefois pas sans soulever de sérieux problèmes. Jászi, lui, ne manaua pas de souligner que «le socialisme avait cessé d'être le mouvement par excellence des masses néeéssiteuses ... il devint le problème culturel de notre époque . . . C'est là que réside la perspective d'un avenir plus heureux qui s'attire irrésistiblement les âmes. C'est là que réside le secret de la force du socialisme.

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