Századok – 1956
BIBLIOGRÁFIA - A Magyarországon megjelent történeti munkák (önálló kötetek; tanulmányok; cikkek) jegyzéke (1955. július 1. — december 31.) 292
RÉSUMÉ 327 Les années qui suivirent, — c'étaient les années du régime de terreur instauré par Bánffy — virent se parachever le changement d'orientation intervenu à la tête du Parti social-démocrate. C'est à propos de la question agraire que ce changement se fit le plus sentir. Après le congrès de 1896, le besoin de mettre au point un programme agraire social-démocrate et d'organiser à fond la paysannerie se fit de plus en plrjs pressant. Cependant, la direction du parti entendait contrarier ce travail d'organisation, ce qui provoqua une nouvelle scission. L'opposition paysanne qui, dirigée par Etienne Várkonyi, avait été chassée du parti par la direction hostile aux aspirations révolutionnaires du groupe, convoqua au début de 1897 un congrès des travailleurs agricoles. Ce congrès avait inscrit à son programme le lotissement de la grande propriété séculière et ecclésiastique, ainsi que d'autres revendications antiféodales et anticapitalistes. Le mouvement qui, lancé par Várkonyi, était l'expression non seulement des intérêts du prolétariat agricole et de la paysannerie pauvre, mais aussi de ceux des couches de la petite et moyenne paysannerie, se répandit à la campagne comme ime traînée de poudre. C'est en automne 1897 que le mouvement prit une forme organisée : on créa le »Parti socialiste indépendant«. Ce parti, quoique de tendance anarchiste, agit néanmoins dans le sens du progrès. Son programme exprimait les revendications démocratiques révolutionnaires de la paysennaire, revendications dont la principale était le partage des terres. L'attutide négative, adoptée par le Parti social-démocrate vis-à-vis do la paysannerie, arrêta le développement de l'aîliance entre ouvriers et paysans, et provoqua une scission parmi les alliés. •> En été 1897, les grèves de moissonneurs prirent une ampleur sans précédent et furent suivies de vastes mouvements grévistes déclenchés par les ouvriers d'usine. Le régime réagit contre l'essor des mouvements de masse par d'impitoyables mesures de répression. La gendarmerie tirait sur la foule, la troupe chargeait les manifestants, et l'on voyait se multiplier les arrestations et expulsions. Ce fut là l'âge héroïque du mouvement ouvrier hongrois. Avec bravoure, les masses laborieuses tinrent tête au terrorisme gouvernemental. et intensifièrent même leur action. C'eût été, pour le Parti socialdémocrate, me rare occassion de lier entre eux les mouvements de la ville et de la province, de conduire les masses dans leur lutte pour le renversement du cabinet terroriste, et de forcer les classes dominantes à instaurer un régime plus démocratique. Cette lutte aiuait trempé les masses laborieuses et consolidé l'alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie. Cependant, les leaders opportunistes du Parti social-démocrate n'étaient pas faits pour un combat de ce genre. Il leur répugnait d'organiser des actions de caractère révolutionnaire. S'employant à circonscrire le mouvement dans les »limites de la légalité«, ils se contentèrent de quelques menaces anodines à l'adresse du ministère Bánffy, s'efforcèrent de convaincre les ouvriers de l'inutilité du combat et firent tout pour détacher les mouvements des ouvriers de ceux de la paysannerie. La direction du parti déclencha une violente campagne contre le mouvement organisé par Várkonyi. Elle tenta de persuader aux masses paysannes qu'au lieu de combattre pour leurs propres revendications, elles feraient mieux de lutter pour le suffrage universel. C'est à ce moment-là que le Parti social-démocrate axa toutes ses activités politiques sur la lutte pour le suffrage universel, institution qu'elle eût voulu faire passer pour une panacée propre à résoudre tous les problèmes sociaux. Pour justifier leurs aspirations opportunistes, les leaders sociaux-démocrates opposèrent aux enseignements de Marx les opinions de Ferdinand Lassalle. C'est à l'époque du régime de terreur inauguré par le ministère Bánffy qu'il devint apparent que le Parti social-démocrate avait abandonné la lutte de classes et s'était métamorphosé en un parti ouvrier servilement dévoué et loyalement soumis au gouvernement. La direction opportuniste du Parti social-démocrate se consolida définitivement en 1898 : c'est alors que, revenus d'Allemagne, Ernest Garami et Jacques Weltner s'emparèrent des leviers de commande. Ces deux leaders avaient pour objectif de créer un parti de masse légal, réglant ses activités sur le modèle allemand. Cependant, les épisodes du régime terroriste instauré par Bánffy montrèrent qu'en Hongrie, un parti ouvrier de ce genre ne pouvait être organisé que sur une base réformiste, étant donné que le régime ne tolérait qu'un parti constitué sur le modèle des trade-unions anglaises. Dans l'espoir d'obtenir des sièges au parlement, ainsi que des portefeuilles ministériels, Garami, Weltner et les autres chefs du parti renoncèrent à organiser un parti véritablement révolutionnaire, parti dont la création eût exigé l'étroite coordination du travail légal et des activités illégales. Ainsi, évoluant à l'imitation des partis de la IIe Internationale, le Parti social-démocrate de Hongrie devint un parti pseudo-ouvrier à la