Századok – 1956

BIBLIOGRÁFIA - A Magyarországon megjelent történeti munkák (önálló kötetek; tanulmányok; cikkek) jegyzéke (1955. július 1. — december 31.) 292

RÉSUMÉ 323 des intérêts de classe des propriétaires, mirent tout en oeuvre pour on contrarier l'exé­cution, et s'employèrent à dresser les serfs eux-mêmes contre le décret royal. D'abord, en plus d'un lieu, les paysans, qui avaient espéré obtenir davantage, cédèrent à ceux qui entendaient les indisposer contre le nouveau règlement. En Transdanubie méridio­nale, sacrifiant les terres qu'ils avaient cultivées jusque-là, ils se refusèrent à prendre possession de tenures entières ou même de demi-tenures : ils redoutaient en effet les corvées qu'imposait VUrbárium aux bénéficiaires de la réforme. Cet état de choses ouvrit la porte à l'extension des terres allodiales. Toutefois, les nouvelles qui leur par­venaient de cette région furent loin d'alarmer la reine et les membres du Conseil d'État : ils étaient convaincus que les commissaires royaux envoyés en Transdanubie auraient finalement raison des appréhensions du peuple, et que V Urbárium réaliserait les objec­tifs envisagés. Cependant, ils tinrent tout de même compte, dans une certaine mesure, de l'hosti­lité fie la noblesse hongroise : en effet, alors qu'en Transylvanie, en raison des mouve­ments déclenchés par les serfs, les commissaires royaux, se transportant de village en village, exécutèrent dès 1767 les dispositions de Y Urbárium, il n'en fut pas de même dans les autres régions du pays ; là, c'est bien plus tard seulement, à la fin do 1775, que la réforme fut mise en oeuvre. En revanche, pendant que se déroulait l'exécution du décret, Vienne fut toujours, contrairement aux propositions des autorités hongroises, pour l'attribution de tenures serviles aussi vastes que possible. Jamais, au cours do la mise en oeuvre de V Urbárium, le pouvoir central ne perdit de vue l'objectif pohtique que le Conseil d'État avait défini dès les années 00 : se concilier les sympathies de la masse des serfs, sans toutefois déranger l'équilibre de l'ordre féodal. Hódmezővásárhely fut la ville de l'Alfoeld qui, après avoir connu il y a deux décades à peine sa dernière émeute paysanne, vit se reproduire, lors de l'exécution de V Urbárium, l'action la plus violente et la plus persistante. La tournure que prit ce mouve­ment prouve aussi que, face à ses seigneurs et aux autorités dévouées à la cause des terriens, c'est de la Cour de Vienne que le peuple attendait la satisfaction de ses reven­dications. Ceci est surprenant chez une population purement hongroise qui, il y a une ou deux décades à peine, conservait encore les traditions kouroutz. Les serfs multiplièrent leurs démarches à Vienne : les autorités du comitat et de la ville eussent voulu les en empêcher, toutefois, elles demeurèrent impuissantes. La Cour, ehe aussi, se borna unique­ment à atténuer les peines infligées par le tribunal du comitat. Cette attitude que Vienne adoptait surtout à l'égard de la bastonnade, peine aussi humiliante que douloureuse, était propre à maintenir, parmi les serfs, un climat de confiance. La situation demeura inchangée après l'avènement de Joseph H. Ce monarque bureaucrate et doctrinaire fit entrer en vigueur, en Hongrie aussi, les mesures prises en Autriche à l'égard de la paysannerie. Cependant, tout en procédant de la sorte, il ne changea rien à la dépendance coloniale du pays : en effet, il ne tenait point compte du fait qu'en Hongrie, les rapports de production étaient entièrement différents. Le monarque profitait de certains htiges, relatifs au cens et soumis à sa juridiction, pour exiger que telle ou telle mesure, appliquée en Autriche, fût mise en vigueur en Hongrie aussi. Or, les occasions n'en manquaient pas. Les paysans continuèrent à assiéger la Cour de leurs pétitions. Les maîtres des •chancelleries hongroise et transylvaine éprouvaient peu de sympathie pour les dépu­terions paysannes qui, parvenues à Vienne, pouvaient informer Joseph H do la situation véritable ses serfs, du peu d'empressement des dicastères à secourir les paysans, et du grand retard apporté à l'expédition de leurs affaires. Lorsque la Chancellerie arrêta dos mesures faisant peser sur les paysans la menace des représailles, le souverain adressa un blâme sévère à son suprême dicastère hongrois. En décrétant le rachat des corvées dans les domaines gérés par la Chambre hon­groise des Finances, Joseph II crut introduire une réforme hautement significative. En Autriche, son système du rachat des corvées donna naissance à d'innombrales nouvelles propriétés paysannes ; en Hongrie, cependant, où, en raison de l'exploitation pratiquée par les seigneurs terriens et aussi de l'oppression coloniale, les paysans manquaient d'argent, les populations rurales ne tirèrent aucun avantage de la réforme. L'unique conséquence de cette mesure, c'est qu'une dernière fois, les terres domaniales furent submergées d'un flot pressé de colons allemands. Pour des considérations d'ordre fiscal, Joseph II se montra, encore en 1783, plein d'hésitation à l'égard de l'abolition du servage perpétuel. Cependant, impressionné par la grande insurrection des paysans roumains de Transylvanie, il promulgua en 1785 une patente portant supression définitive de cette institution, la plus lourde qui pesât sur les serfs. Là encore, les dicastères s'employèrent à contrarier l'exécution de la réforme 21*

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