Századok – 1956
BIBLIOGRÁFIA - A Magyarországon megjelent történeti munkák (önálló kötetek; tanulmányok; cikkek) jegyzéke (1955. július 1. — december 31.) 292
324 .RÉSUMÉ Le décret abolissant la bastonnade (1786) affecta les seigneurs terriens bien plus gravement qu'un bon nombre d'autres décrets royaux qui, dépassant les dispositions de Г Urbárium de 1767, avaient été rendus pour sauvegarder les intérêts des serfs. En effet, la peine de la bastonnade, infligée directement et sans procédure, était la seule garantie de l'accomplissement des corvées. Après la mort de Joseph II, la noblesse effervescente estima que, tout comme les autres décrets du monarque, ceux qui réglaient la condition des serfs seraient également caducs. On n'admettait qu'une seule exception : il était désormais impossible de rétablir le servage perpétuel. Tel était donc le seul résultat acquis sur le plan social. Cependant, les répercussions politiques des réformes de Joseph II furent d'autant plus profondes. Au printemps 1790, une grande agitation s'empara des serfs de la Haute-Tisza : une insurrection paysanne semblait imminente. On répandait des tracts séditieux, excitant contre la noblesse qui, depuis la mort de Joseph II, agissait sans le moindre scrupule. Les masses effervescentes des serfs cherchèrent à entrer en contact avec le nouveau monarque, Léopold II. Quand, en 1790, après une longue interruption, les Ordres se réunirent à la Diète et des revendications radicales furent soumises au souverain par les envoyés des comitate, l'on vit arriver à Vienne une députation de la paysannerie hongroise, chargés de proposer au roi une insurrection dirigée contre la noblesse. Les pourparlers clandestins de Léopold II avec les envoyés de la paysannerie prouvent à l'évidence que la Cour de Vienne avait réussi à gagner la masse des serfs, objectif fixé du temps de Marie-Thérèse. Ainsi, privée de l'appui des masses, la résistance nationale de la noblesse ne put aboutir à aucun résultat notable. Toutefois, au moment où se déployait la révolution bourgeoise française, le monarque ne fut point en mesure de tenter une audacieuse expérience en prenant appui, pour sauvegarder l'unité de la monarchie absolue, sur la révolte paysanne. Une insurrection de la paysannerie, soutenue ou simplement tolérée en haut lieu, eût entraîné la liquidation sanglante et irrévocable du féodalisme. Or personne n'y songeait à Vienne. Aussi les successeurs de Joseph II préférèrent-ils s'accomoder avec la noblesse, et maintenir l'ordre social et constitutionnel du féodalisme. Nécessairement, cette solution devait aussi amener, après 1790, un changement dans la politique pratiquée par la Cour à l'égard des serfs. Edith S. Vince : LA NAISSANCE DU PARTI SOCIAL-DEMOCRATE DE HONGRIE ET SES ACTIVITÉS DANS LES ANNÉES 1890 Lorsque s'acheva la période de la Ir e Internationale, à l'époque où le marxisme triompha à l'échelle internationale et où l'on vit, dans la plupart des pays, se former et se consolider des partis prolétariens marxistes indépendants, les ouvriers hongrois ne possédaient pas encore de parti à la fois solide et guidé par les principes du marxisme. A la fin des années 80, le Parti ouvrier général de Hongrie avait à sa tête des réformistes petits-bourgeois. Or, ceux-ci entendaient répandre au sein du mouvement ouvrier un lassalléanisme confus, mêlé d'idées tirées du démocratisme bourgeois. Ainsi donc, à la fin des années 80, le mouvement ouvrier hongrois avait pour tâche de transformer le Parti ouvrier général en un parti marxiste homogène, fort et organisé. Cependant, le gros de la classe ouvrière hongroise était composé d'artisans : voilà la raison principale pour laquelle les forces internes du mouvement s'avérèrent incapables à réaliser cette tâche. En ces conditions, ce fut la IIe Internationale qui joua un rôle prépondérant dans la fondation du Parti social-démocrate de Hongrie : en effet, à son congrès constitutif, elle prêta son assistance, par l'intermédiaire du Parti socialdémocrate autrichien, à l'aile révolutionnaire de la classe ouvrière hongroise, et, en la personne de Paul Engelmann, plaça un nouveau chef à la tête du parti. L'année 1890 fut consacrée tout entière à la mise sur pied du parti social-démocrate. Grâce aux mots d'ordre lancés par la IIe Internationale, l'on vit s'intensifier les combats politiques et économiques de la classe ouvrière : en effet, c'est en cette même année que les ouvriers hongrois fêtèrent pour la première fois la journée du 1er mai ; de même, la lutte s'engageait pour une législation protectrice du travail, pour la majoration des sal ai red et la journée de huit heures. En décembre 1890, les conditions externes et internet du développement du mouvement ouvrier rendirent possible la convocation