Századok – 1955
Krónika - A történészfront hírei - 308
RÉSUMÉ 325 L'unité du front des historiens hongrois s'est manifestée lors des discussions publiques sur les manuels universitaires, discussions qui ont eu lieu l'été et l'automne de 1954. Les représentants les plus éminents des anciens historiens ont également pris part à ces discussions. C'est un fait très important d'avoir terminé ces manuels universitaires. L'académicien Imre Révész a dit à ce propos : «C'est la première fois que nous avons à notre disposition un manuel d'histoire pour les universités écrit d'une manière scientifique et qui, par la précision des détails peut remplacer même les synthèses volumineuses de l'historiographie bourgeoise.» Dans notre historiographie regénérée la description de nos luttes patriotiques, nos mouvements ouvriers et paysans et la République des Conseils de 1919 occupent la place qui leur revient. Néanmoins il reste encore beaucoup à faire. Nous n'avons pas ι encore examiné l'évolution des forces productrices, nous nous sommes occupés trop peu de l'histoire des nationalités, de la formation de la Hongrie à plusieurs nationalités, de l'épanouissement de notre civilisation nationale. Nous avons négligé l'histoire militaire, l'histoire locale et même l'histoire de notre démocratie populaire qui, jusqu'à ce jour, n'a pas le rôle qui lui revient dans notre historiographie. Enfin, rien n'a été fait pour écrire l'histoire de notre historiographie, pour faire la critique de ses différentes tendances féodales et bourgeoises, ι La plus importante de nos tâches immédiates est de terminer les travaux des manuels d'histoire universitaires et de préparer, à l'occasion du Xe anniversaire de notre libération, un livre d'études traitant des questions de notre démocratie populaire. Nous devons élaborer jusqu'à la fin de 1955, notre deuxième plan quinquennal scientifique qui doit partir des tâches désignées par le Congrès des Historiens, tenu à Budapest et des problèmes soulevés au cours des conférences internationales d'historiens, conférences qui ont eu lieu dans l'entretemps. Il faut corriger les erreurs qui se 1 manifestent encore dans le domaine de la science historique hongroise et qui sont dues dans la plupart des cas à la connaissance insuffisante du matérialisme dialectique et historique et au manque d'expérience dans le domaine des rapports historiques universels. C'est à cause d'une incertitude idéologique que nos historiens n'analysent pas les lois qui régissent les événements et dans certains cas essayent de «remplacer» l'analyse méthodique des données par des citations prises aux auteurs classiques. Un manque de perspective internationale implique inévitablement un certain provincialisme. Or, il est incontestable que seule la connaissance profonde de l'évolution internationale et surtout celle de l'histoire des peuples amis peut servir de base à l'analyse de l'histoire de notre peuple. Dans le domaine des sciences historiques il faut encourager les discussions — levier indispensable de tout progrès scientifique — et diffuser largement leurs résultats. Il faut résoudre les questions théoriques qui se sont posées au sujet de certaines époques et qui n'ont pas encore été éclaircies. Nous devons mettre en relief l'histoire de la démocratie populaire qui peut directement aider notre peuple dans l'édification du socialisme. Nous ne pouvons réaliser ces tâches qu'au cas où nos historiens approfondissent leurs connaissances non seulement dans leur spécialité, mais aussi sur le plan de la théorie marxiste-léniniste et celui de l'histoire universelle. Ce n'est que partant de cette base que nos experts dans le domaine des sciences historiques pourront remplir à l'avenir la tâche qui leur incombe dans le développement de la conscience et du niveau culturel de notre peuple. Endre Arató s LA POLITIQUE NATIONALITAIRE DE LA NOBLESSE HONGROISE ET DE LA COUR D'AUTRICHE AVANT LA GUERRE D'INDÉPENDANCE DE 1848—49. Dans les années trente du XIXe siècle, à l'époque du renforcement des mouvements nationalitaires, l'on put observer un changement dans la politique nationalitaire hongroise et autrichienne. La tendance de magyarisation outranciere céda le pas à des méthodes aussi patientes qu'assidues — qui, bien entendu, n'entendaient point abandonner la politique oppressive de magyarisation —-, et la Cour d'Autriche se couvrit d'un masque nouveau pour attirer vers elle les peuples non-magyars de la Hongrie, tout en faisant peser sur eux son joug oppresseur. Cette volteface politique avait été rendue nécessaire par le développement économique et social des nationalités, processus qui, tout en