Századok – 1953
Szemlék - Norden; A.: So werden Kriege gemacht (Ism.: Weiner Magda) 180
« RÉSUMÉ 209 lutionnaires ; il insistait sur la nécessité de créer une armée populaire fondée sur les masses paysannes installées dans la possession de la terre et capable d'engager le combat contre les agresseurs extérieurs ; enfin, il réclamait un droit de vote général. Il s'appuyait sur le peuple, mais malheureusement n'a pas réussi à ramasser en un puissant parti les radicaux qui, par suite de cette occasion manquée, cédèrent le pouvoir aux autres tendances. Dans ces conditions les chefs du mouvement, ayant en vue surtout la conciliation des intérêts de classe, négligeaient la lutte contre l'aile modérée et plus tard contre les traîtres de la révolution. En même temps ils échouèrent dans leur lutte pour l'émancipation des serfs. En dernière analyse ce fut la pénétration de l'armée turque qui mit fin à la tentative révolutionnaire de Valachie (23 juin —25 septembre 1848). Pendant la révolution et même après elle Bälcescu se montrait un représentant convaincu de la solidarité des peuples opprimés et de leur lutte commune contre les puissances absolutistes, en premier lieu contre Vienne et le tzarisme. Déjà en été 1848 Bälcescu fit au gouvernement hongrois une proposition concernant l'alliance hungaroroumaine et au printemps de 1849 il se rendit en Hongrie pour créer un rapprochement entre le gouvernement et les chefs de la nationalité roumaine qui s'étaient rangés du côté de Vienne. Le 14 juillet 1849 fut conclu l'accord de Bälcescu et Kossuth au sujet d'une légion roumaine ; à la même date les deux hommes politiques signèrent aussi un »projet de pacification« concernant la réconciliation des Hongrois et des Roumains. Sur la base de cette convention l'Assemblée Nationale vota à Szeged, le 28 juillet, la loi sur les nationalités. Néanmoins l'activité de Bälcescu eut peu de résultats pratiques, puisque — à cause de l'intervention tzariste — elle fut bientôt suivie de l'échec de la guerre d'indépendance. Après cette catastrophe Bälcescu fit des efforts considérables pour créer une organi. sation solide des émigrés roumains. En outre, il enrichit d'importantes contributions la littérature politique. Un de ses ouvrages fut utilisé par Marx au t. Ier du Capital. Dans les idées de Bälcescu on reconnaît bien des traits do la pensée dialectique et matérialiste. Il n'est pas exclu qu'il ait mis à contribution non seulement les travaux conçus sous le signe du socialisme utopique et do la petite bourgeoisie, mais aussi le Manifeste Communiste. Au sujet de la lutte des classes, de l'abolition de l'exploitation humaine, du progrès et de la révolution il professait des vues qui, à plus d'un égard, rappellent les oeuvres des fondateurs du socialisme scientifique. Pendant son émigration il était un des principaux représentants du projet d'une confédération danubienne, fondée sur la solidarité des peuples et dirigée contre les grandes puissance réactionnaires. Bälcescu mourut jeune, à l'âge de 33 ans. Néanmoins sa vie et son exemple doivent nous inspirer même dans nos luttes d'aujourd'hui : on révère en lui non seulement un grand penseur et un révolutionnaire intransigeant, mais aussi la figure la plus progressiste de la vie politique roumaine de son époque. HÉLÈNE BERKOVITS : REFLETS DE LA SOCIÉTÉ HONGROISE FÉODALE DANS LA CHRONIQUE ENLUMINÉE La Chronique Enluminée constitue une valeur inappréciable de la littérature et de l'art hongrois ; en même temps elle a une grande importance pour l'histoire de Hongrie. Son texte latin est une de nos sources les plus authentiques pour l'histoire de l'époque de la dynastie d'Árpád ; ses enluminures témoignent du haut niveau de l'art hongrois médiéval. Le texte de la Chronique Enluminée fut rédigé en 1358 par Marc Kálti, chanoine (custode) de Székesfehérvár ; il travailla sur la base des anciennes gestes et chroniques, mais il y ajouta aussi ses propres additions. La copie de la chronique fut illustrée de miniatures probablement par Nicolas Meggyesi, peintre et armoriste du roi Louis Ier (1342 — 1382) ; ce travail fut achevé en 1370, c'est-à-dire avant l'avènement de Louis au trône de la Pologne. La Chronique Enluminée fut faite à l'usage du roi ; le texte, par suite de son caractère laïque, permettait au miniaturiste d'évoquer mille détails concrets de la réalité. 43 miniatures de grandes dimensions et 96 initiales renvoient aux événements de l'histoire du pays. Sur les pages de ce précieux manuscrit les peintures évoquent tantôt la vaillance et les hauts faits des Hongrois, ainsi que des scènes de bataille, des victoires et des défaites, tantôt des intrigues, des scènes d'aveuglement, des massacres et des attentats contre la vie des rois. Les couronnements et les funérailles alternent avec les scènes qui donnent une idée de la vie de la cour. En un mot, l'artiste, délivré 14 Századok