Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2001-2002 (5-6. évfolyam, 1-2. szám)
Etnie şi confesiune
74 Marie Lionnet nord et la vocation terrestre axée autour de la vénération de la Croix et de l’Eucharistie, de la rédemption apportée par la Crucifixion. Accomplissement de la promesse et conséquence de son rőle dans l’Incarnation, la Vierge, passée du domaine terrestre (au registre inférieur du mur nord) â l’espace céleste (au registre supérieur du mur sud), se pose comme modéle, en tant que premiere â étre totalement rachetée, et manifeste par lâ mérne â chaque croyant la voie qui se propose â lui. La signification de l’ensemble trace une progression assez claire et reguliere pour supposer que Ies peintures du registre supérieur du mur sud, aujourd’hui détruites, ne contrariaient pas 1’interpretation proposée. On peut suggérer que les scenes représentées complétaient et enrichissaient la signification des autres registres, ajoutant sans doute une dimension sacramentelle â la réalisation de la vie terrestre du croyant, registre qui aurait alors pu contenir les scénes du Baptéme, de la Céne et de la Pentecőte. Dans la progression du décor, Marie, Mére du Sauveur, apparaít comme guide des fidéles, traşant un chemin dans le déroulement du décor, chemin qui peut étre compris aussi dans le sens d’une évolution spirituelle. Noeud dans la transition entre les deux testaments, eile suit son Fils dans tous les événements de sa vie terrestre. Figure eâsentielle et indispensable â la réalisation du mystére de Flncamation, Marie offre son Fils â l’humanité pour qu’elle soit sauvée. Mere aimante et déchirée au pied de la Croix-, eile accompagne le Christ dans les demiers instants de sa vie terrestre, et recueille son corps mort dans ses bras. Pour toutes ces raisons, la mort de la Mere de Dieu ne peut ressembler â celle des autres humains: hommage ultime, le Christ se charge lui-méme de l’âme de sa Mére, qu’il vient chercher â l’instant de sa mort. Glorification de la Vierge qui annonce sa fonction et sa position exceptionnelles dans Ies Cieux. Intercesseur pour l’humanité pécheresse, Marie intervient encore, en tant que premiere de l’humanité â avoir été entiérement rachetée et sauvée, auprés de son Fils au moment du Jugement. Tous ces événements se succédent dans la nef depuis l’extrémité occidentale du mur nord vers le choeur, s’en retoumant sur le mur sud. Gradation dans l’implication de la Vierge dans le processus du Salut, cette progression est aussi celle que tout fidele dóit éprouver â travers sa foi. Le cheminement expérimenté par la Vierge exemplarise celui que tout fidele dóit vivre. Aprés une période d’apprentissage de la foi et de reconnaissance de flncamation du Christ - enfance de la Vierge, Annonciation, enfance du Christ (le fidéle s’associant aux Mages dans la reconnaissance de la nature divine du Fils de Dieu) - Marie invite le fidele â mettre ses pas dans ceux du Christ, â faire l’expérience de la Passion et â se tenir au pied de la Croix, sacrifice ultime pour la rémission de ses péchés. Cependant, cette Croix, comme celle que sainte Héléne a su trouver, est glorieuse et exprime la victoire sur la mort par la Résurrection. Vient ensuite le Jugement dernier, le retour du Christ ressuscité dans sa gloire, croyance aussi dans sa Seconde Venue et dans une vie étemelle. Tout au long de ce cheminement, la Vierge guide et assiste le fidele; eile lui rend plus accessibles ces mysteres et se presente comme la voie qui mene au Fils, en tant que Mére, mais aussi en tant que Symbole de l’Eglise: