Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2001-2002 (5-6. évfolyam, 1-2. szám)

Etnie şi confesiune

Le culte de la croix au cœur de l’ensemble peint à Sântămărie Orlea 75 d’ailleurs elle figure au centre des apôtres au moment de l’Ascension. C’est parce que le fidèle est membre de l’Eglise, née au pied de la Croix, qu’il peut suivre cette voie et qu’il peut lui aussi accéder au 'Salut. Et, précisément avant le Jugement final, la position éminente de l’Eglise est réaffirmée par la figure monumentale de l’évêque28 qui, revêtu de somptueux habits liturgiques, s’élève sur deux registres sous l’ouverture de la fenêtre. Le rôle principal de Marie dans cet ensemble s’accomplit finalement au Jugement dernier: médiatrice entre Dieu et les hommes, participant de leur nature humaine mais jouissant totalement du statut de femme rachetée, elle intervient une ultime fois en faveur du fidèle, pour lui obtenir la miséricorde divine, et le faire entrer à sa suite dans le processus de Rédemption. Au long de toute cette évolution, Marie, Mère de Dieu, Mère du Sauveur, figure de l’Eglise, est aussi intercesseur, médiatrice et Mère des hommes qu’elle guide vers son Fils. Grâce à cette multiplicité de rôles, Marie conduit les fidèles sur le chemin de la Rédemption, dans une lecture-qui unit les trois murs de la nef de l’église de Sântămărie Orlea. L’insistance sur la figure mariale ne doit pas étonner en raison du lien essentiel qu’elle assure entre Dieu et les hommes, et de la grande ferveur de son culte dans les sphères tant occidentales que byzantines, et qui s’explique d’autant plus par la dédicace à la Vierge de l’église de Sântămărie Orlea. Le motif de la Croix occupe lui aussi une place de choix dans cet édifice, d’autant plus remarquable qu’il s’agit de l’unique représentation de l’événement précisément resituée dans son contexte qui se trouve dans les peintures murales de Hongrie à la fin du Moyen Age29, et qu’il reste peu de monuments qui narrent la légende de la découverte de la Vraie Croix dans la peinture byzantine30, même si le culte de la Croix était particulièrement développé en Orient31. 28 Rappelant les incertitudes quant à l’identification de cette figure, notons qu’à ce niveau d’interprétation, il importe peu qu’il s’agisse de saint Nicolas ou d’un autre saint évêque, l’essentiel étant la signification que la figure de l’évêque, plus haute fonction dans l’institution ecclésiale, ajoute à l’ensemble peint, notamment en ce qui concerne la tradition apostolique des sacrements. 29 Les représentations de sainte Hélène découvrant la Vraie Croix dans les peintures murales de Hongrie se réduisent à la figuration de la sainte aidée d’un ou plusieurs petits ouvriers qui s’activent à déterrer la Croix, sans compter les nombreuses autres occurrences de la sainte en pied, dotée d’une croix de taille variable. 30 Ch. Walter indique que, si le déroulement de la fête de la vénération de la Croix est souvent illustré dans les manuscrits liturgiques, l’épisode de la découverte elle-même est rarement figuré: Art and Ritual of the Byzantine Church, Londres, 1982, p. 148-149, 154-157. Les représentations de l’impératrice en pied, souvent en compagnie de l’empereur Constantin, dans les décors monumentaux byzantins, sont quant à elles très nombreuses; le déroulement de la Découverte de la Vraie Croix est plutôt réservé aux cycles de la légende de la Vraie Croix, dont les illustrations sont conservées essentiellement dans la peinture monumentale occidentale et italienne. H. W. Van Os - G. Jászai, Kreuzlegende, in Lexikon der christlichen Ikonographie, II, col. 642-648. 31 H. Leclercq, Croix (Invention et Exaltation de la Vraie), in Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, III/2, Paris, 1914, col.’3131-3139. Dans le numéro 75 de La Maison-Dieu (1963) consacré à La Sainte Croix, voir les articles de P. Jounel, Le culte de la Croix dans la liturgie romaine, p. 68-91. et de R. Bomert, La célébration de la Sainte Croix dans le rite byzantin, p. 92- 108.

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