Drăgan, Ioan (szerk.): Mediaevalia Transilvanica 2000 (4. évfolyam, 1-2. szám)

Cruciada Târzie

50 Emmanuel C. Anloche Les Ottomans ne disposaient pas leur infanterie en schiltron comme les Ecossais, leur troupes n’étaient pas équipées du goedendag flamand ni du longbow anglais. Ils ne combattaient pas â l’abri des foréts et des montagnes comme les Suisses et les Roumains et n’étaient pas protégés par le tábor comme les Hussites â partir du 1420. Leur Systeme défensif face aux évolutions de la cavalerie lourde était plus complexe en combinant plusieurs tactiques: les archers â cheval (les akîndjis), les archers â pied (les azaps), les fantassins d’élite munis de la longue pique acérée, de la massue de combat et du cimeterre (les janissaires) et le champ de pieux. A Nicopolis, Bayezid avait formé son dispositif de bataille sur un plateau dönt les pentes descendaient lentement vers la plaine du Danube et la ville de Nicopolis. II avait choisi les hauteurs pour dominer les troupes adverses et masquer les siennes en les échelonnant en profondeur87. Toute la longueur du front de combat fut couverte par un champ dense de pieux dönt les pointes étaient plantées dans la direction de l’ennemi88. Derriére cet obstacle infranchissable pour la cavalerie, il piaţa plusieurs lignes d’archers â pied soutenues â l’arriére par le corps de janissaires, infanterie d’élite dévouée corps et âme au sultan qui n’avait jamais le droit de reculer sur le champ de bataille89. Elle formait un mur de piques protégé par des grands boucliers enfoncés dans la terre. Le dernier échelon de combat était formé par les spahis d’Anatolie et de Roumélie sous le commandement personnel du sultan. Nous ne connaissons pas la position exacte de la réserve constituée par la cavalerie serbe de Lazarevic: eile aurait du étre placée légérement en arriére sur le flanc gauche du dispositif ottoman. II nous reste â mentionner les akîndjis qui jouérent, paraît-il, un role important pendant Ia bataille. Leurs détachements formaient un rideau compact devant le front de l’armée qui masquait complétement le champ de pieux aux regards des forces chrétiennes. Les akîndjis devaient servir aussi d’appât afin d’attirer sur le plateau les lourdes escadrons de la cavalerie croisée. Le matin de 10 novembre 1444, aprés le déploiement des forces ennemies, Murád II ordonna â ses troupes de rejoindre leurs positions de combat. Durant trois heures Larmée turque déploya ses escadrons sur Ies hauteurs qui dominaient la viile de Vama. Tous les mouvements furent exécutés dans un ordre parfait sous les regards attentifs de l’adversaire90. Le sultan choisit son poste de commandement au 87 Pour le dispositif de l’armée ottomane â la bataille de Nicopolis voir Brauner, p. 41-42; Köhler p. 26; Kling, p. 61-63; Atiya. p. 86-87; Delaville le Roulx, p. 272; Lot, p. 220; Erendil. p. 50-51; Rosetti, p. 636-637. 8 Les archers anglais utilisérent auparavant la mérne technique défensive aux batailles de Crécy (1346), de Poitiers (1356) et en 1415 a Azincourt pour se protéger contre les charges de la chevalerie franţaise. Cependant, nous ne pouvons étre d’accord avec les propos de Delbrück, p. 478, selon lequel: “It does not seem impossible that the English actually copied that from the janissaires; after all, English knights did take part in this battle and were witnesses of the Turkish success. For the rest, the battle is more similar to Crécy than to Agincourt.’’ 89 Gibbon, p. 117-121; J. Bérenger, Histoire de VEmpire des Habsbourg (1273-1918), Paris, Fayard, 1990, p. 211: les janissaires “passent pour invincibles sur le champ de bataille oil ils constituent le centre du dispositif’. Pour leur histoire cf., l’ouvrage de N. Weissmann, Les Janissaires, Paris, 1957. 90 M. Chasim, p. 309; T. Nicolau, p. 60; B. Cvetkova, p. 28-29; R. Urbánek, p. 134-135.

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