Sonderband 2. International Council on Archives. Dritte Europäische Archivkonferenz, Wien 11. bis 15. Mai 1993. Tagungsprotokolle (1996)
2. Session /Séance. Regional (trans-border) Cooperation / Coopération régionale (transfrontaliere) - Cova, Ugo: The Case of the Adriatic-Alps Zone / Le cas de la zone Alpes-Adriatique (english 145 - français 153)
2. Session/Séance: Cova, Le cas de la zone Alpes-Adriatique Un bref rappel historique n’est pas inutile pour expliquer pourquois des régions ont décidé de créer entre elle une organisation commune malgré leur appartenance à quatre Etats différents. A l’exception de la Bavière, toutes ces régions ont appartenu avant 1918 à l’empire des Habsbourg (la Vénétie et le Frioul seulement de 1797 à 1866). Du XVL au XVIIIe siècles, le cœur de la région ALPE Adria a été un territoire administrativement souverain, dont la capitale était Graz: c’était le Innerösterreich (Autriche intérieure)4, qui établit une tradition de coopération culturelle et économique dont l’influence se prolongea bien au-delà des limites chronologiques de l’institution qui lui avait donné naissance. Cela explique sans doute pourquoi, malgré les changements politiques et institutionnels qui ont suivi la première guerre mondiale et les convulsions, souvent violentes, qui ont conduits les différents groupes ethniques à se séparer pour des raisons politiques, la Styrie et la Carinthie (Autriche), la Slovénie (anciennement Carniole et Styrie du Sud, Yougoslavie), Trieste et Gorizia (Italie) ont réussi à renouer, après de réticences initiales avec leur ancienne coopération et à retrouver leur civilisation commune, imprimée de façon indélébile dans le caractère même de leurs peuples. Il est alors apparu clairement que ces éléments communs importaient plus que les différences linguistiques ou institutionnelles. Un problème très important, qui est souvent négligé, vaut maintenant la peine d’être mentionné. Il est bien connu que les relations internationales entre Etats sont de la compétence exclusive de gouvernements, et en particulier des Ministères des Affaires étrangères de chaque Etat. Cela est évident dans un pays centralisé tel que l’Italie, mais c’est aussi vrai dans les Etats fédéraux, où le ministre fédéral des Affaires étrangères est en charge de toutes les relations, à quelque niveau que ce soit, avec les Etats étrangers. En ALPE Adria, on a voulu délibérément ignorer ce problème, pour ne pas détériorer l’atmosphère amicale qui régnait entre les régions appartenant à différents Etats. En ce qui concerne lTtalie, le gouvernement a toujours joué un rôle passif et s’est contenté d’être tenu informé des activités de la communauté de travail5. Ceci explique pourquoi les institutions d’ALPE Adria ne peuvent faire que des recommendations et n’ont aucun pouvoir effectif de décision. Une difficulté particulière est née du récent éclatement de la Yougoslavie et de la reconnaissance de la Slovénie et de la Croatie (membres d’ALPE Adria), question sur laquelle le gouvernement local de Frioul-Vénétie Julienne et le gouvernement central italien ont depuis quelque temps des points de vue différents. En réalité, les problèmes ne sont pas evisagés de la même façon par ceux qui vivent au jour le jour des événements affectant les gens qui vivent juste de l’autre coté de la frontière et par ceux qui les considèrent exclusivement du point de vue de la politique internationale. 4 Hantsch, Hugo: Die Geschichte Österreichs. Vol. 1. Graz 1969, p. 276-277; Cova, Ugo: Fonti giu- diziarie e militari Austriache per la storia della Venezia Giulia, Oberste Justizstelle e Innerösterreichischer Hofkriegsrat, Ministero per i Beni Culturali e Ambientali, in: Quademi della Rassegna degli Archivi di Stato (Roma 1989), p. 134. 5 ALPE Adr i a. Un esemplare modello (voir note 1), p. IX. 154