Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)
József Ruszt: Notes pous le montage de la Tragédie
Les rôles se confondent: Adam est le Fils du Père et Lucifer est le saint Esprit; puis Lucifer est le Fils après le Père, comme le Christ l’est après Jahvé dans le christianisme ou encore, comme Caïn et Abel, les deux premiers fils d’Adam, le sont, c’est-à-dire l’humanité. Nous voilà donc en pleine passion, la passion selon Adam. C’est ma passion à moi que je célèbre pour moi-même. Car mon intelligence de l’histoire a beau mettre et remettre les points d’interrogation, je recommence à chaque coup. Car Adam est quand même le Fils et qu’une question est suivie d’un acte et non d’une autre question. Et si ma fibre luciférienne veut savoir quelque chose, ce n’est rien d’autre que le secret des étemels recommencements d’Adam, constamment renouvelé dans le cours de l’histoire. Le secret et non le sens! Pour la vie, la beauté appartient à l’esprit et pour l’esprit, elle appartient à la vie, comme le dit si bien Thomas Mann dans une de ses lettres. Voilà l’essence de nos relations et l’histoire naturelle de nos attractions-répulsions. C’est Lucifer qui a besoin de cette histoire. Adam n’en a pas besoin. Si la vie se contente de la vie, l’esprit ne se passe pas de la vie, c’est là le paradoxe essentiel de l’esprit. Il est symbolisé par l’Arbre de la Science du deuxième tableau. C’est ce qui constitue les rapports de Lucifer à Adam puis ceux d’Adam à Eve. Dans son approche, Adam prend toujours l’attitude de l’esprit, conformément à ,,1’idée” tandis que Eve reste toujours „la vie” telle quelle, d’autant à autant. Adam restera un être moral et c’est là l’explication de la monotonie de son personnage et la cause première de sa tragédie. S’il y a une représentation possible, elle doit s’opérer par la création du rite Lucifer-Madâch auquel toute autre question de validité et d'authenticité doit être subordonnée. Ce qu’il faut à nouveau tirer au clair, c’est la situation de départ, l’image du monde et, savoir enfin qui est qui. Qui est le Seigneur, qui est Lucifer, qui est Adam? L’existence du Seigneur suppose une vision du monde religieuse ce qui est assez gênant quant au dilemme fondamental de l’être. Mais au point de vue du 73