Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)

György Lengyel: Deux crétations de la Tragédie de l'homme

du style, de l’approche et de l’agencement de la scène et la com­position des personnages. D’un côté, l’approche excessivement intellectualiste et le jeu trop didactique dépoétisent l’oeuvre tandis que l’élan passionné, conforme aux traditions, exclut le renouveau spirituel et la refonte de l’interprétation du message de l’auteur. Autour de cette contradiction, qui réapparaît inéluctablement, il y a, bien sûr, d’innombrables autres problèmes, comme le style de jeu à adopter, la distribution, l'intelligence du texte, la compré­hension des rôles, l’âge d’Adam, les compositions de caractères et de types, pour ne citer que quelques-uns de ceux qui me préoc­cupent. La création au théâtre Madách dans ma mise en scène a été, à ma connaissance, la première représentation de la Tragédie, donnée dans un autre théâtre de Budapest que le Théâtre National, depuis celle de la compagnie du Théâtre populaire de la Ville de 1926. Les préparatifs avaient commencé dès le printemps de 1980, les répétitions à l’automne de la même année et la première a eu heu en janvier 1981. A l’automne de 1982, nous avons présenté une nouvelle distribution et le 11 octobre 1983, nous donnions la 110e représentation. Pour moi, le point de départ de la démarche du metteur en scène se trouve au choix de l’oeuvre à monter en fonction des affinités et de la possibilité de la réalisation. Une bonne moitié des oeuvres que j’avais mises en scène au cours d’une carrière de vingt-deux ans continuent à me préoccuper et dont le message et le style m’intéressent toujours. La motivation affective, due à une expérience de jeunesse, mise à part, la Tragédie m’intéresse en tant que drame intellectuel. Ce qui avait présidé à mon idée de mise en scène, c’était la confrontation d’une oeuvre, née à la „frontière de deux époques”, à une troisième époque, la nôtre en l’occurrence. Il s’agissait de reposer les questions du drame qui ont conservé leur contenu dramatique jusqu’à notre époque à nous. La Tragédie est, pour moi, une interrogation, un rêve qui se bouscule péniblement entre le doute et l’espoir avec une dialectique douloureuse et c’est aussi un chant sur l’histoire hongroise, sur l’humanité et la destinée humaine, sur la politique, l’amour et sur les rapports entre homme et Dieu et entre 66

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