Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)
György Lengyel: Deux crétations de la Tragédie de l'homme
La reprise précédente datait de 1963, au Théâtre National dans une mise en scène de Tamás Major. Elle figurait au programme pendant neuf saisons consécutives. Ensuite, l’oeuvre de Madách ne fut représentée par aucun théâtre de Budapest pendant neuf ans. Il est significatif que, les représentations sur le parvis de la cathédrale de Szeged mises à part — qui constituent, à mon avis, une entreprise à caractère particulier -, aucun théâtre de province n’avait programmé la Tragédie durant cette période qui était celle des mouvements souvent contradictoires dans notre vie théâtrale. Il y a eu l’apparition de tendances nouvelles, de nouvelles personnalités de metteurs en scène et de styles également nouveaux. Tout cela se jouait surtout sur le plan de la création — les reprises — des oeuvres classiques. De l’autre côté, il y avait la continuité de la manière des théâtres où la direction artistique n’avait pas subi de changement. Dans un tel contexte, la Tragédie, n’intéressant aucune des tendances en compétition, fut reléguée au second plan. Pourtant, cette période fut aussi celle où plusieurs travaux intéressants et nouveaux ont vu le jour à propos de Madách et la Tragédie. Pour moi, la non-programmation de la Tragédie pendant cette période-là réside dans le fait que ni les tenants des tendances nouvelles ni ceux de la manière ancienne n’avaient trouvé la clé scénique de la Tragédie. Dans les années soixante-dix, c’est la création d’un style de jeu qui traumatisait la profession et non la solution à donner aux problèmes de métaphysique ni le dégagement du message de l’oeuvre. Même aujourd’hui, le principal problème de la reprise de la Tragédie est justement là, j’en suis profondément convaincu. Car toutes les réalisations de la Tragédie que je connaisse diffèrent foncièrement sur la plan de l’interprétation, de la mise en scène, de la distribution, de l’agencement scénique et de la dramaturgie. Il faut aussi dire que la principale préoccupation de tous les critiques portait toujours sur les nouveautés de la mise en scène, de la direction des acteurs et de la conception des personnages et qu’ils comparaient la création soit à un modèle traditionnel soit à la création précédente. Sans doute, La Tragédie, comme toute oeuvre qui se prête à une multiplicité d’interprétations, génère-t-64