Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)

György Lengyel: Deux crétations de la Tragédie de l'homme

bonne réputation de Budapest qui portait le nom d’Imre Madách allait entreprendre quelque chose qui sur passait toutes ses audaces antérieures, pourtant nombreuses et retentissantes. Il s’agissait de monter, ni plus ni moins, la Tragédie de l’homme, absente alors depuis sept ans, des scènes de Hongrie. Il nous paraissait donc normal de monter le chef-d’oeuvre de l’auteur dont notre lycée portait le nom mais nos supérieurs et notre en­tourage estimaient que notre projet était chimérique et irréalisable. Le directeur du lycée à l’époque, prenant notre parti. Certes, nous étions excités par l’importance de la tâche, la lutte, la mission politico-culturelle et nous avions aussi le respect du nom de notre lycée mais ce qui nous intéressait, en premier heu, c’était l’Oeuvre elle-même. Férus de littérature et de théâtre, nous présentions, depuis déjà six ans, différents morceaux de la littérature dramatique universelle et nous avons déjà réalisé maints projets de décors, distributions, découpages, plans de mise en scène dans notre préparation à la carrière théâtrale. Les milieux culturels de l’époque suivaient notre entreprise avec intérêt. Chaque soirée a eu ses rencontres inoubliables avec les person­nalités les plus importantes de l’époque, comme Zoltán Kodály, et auteurs, acteurs et historiens de la littérature et du théâtre. Quant à notre création, le dossier comportait surtout des indications pour la diction et les mouvements scéniques. Cela devait être une représentation sobre, axée sur la belle diction et d’un ton quelque peu romantique. Le Théâtre National et l’Opéra nous avaient prêté les costumes et les masques. Bien que j’en aie été le metteur en scène, avec mon compagnon Sándor Pós, actuellement réalisateur à la Radio, j’avais aussi joué le rôle de Lucifer. Le succès a été inoubliable et la presse excellente. Pour nous autres, animateurs de la reprise estudiantine de 1954 de la Tragé­die, l’événement aura été la plus belle aventure de notre vie, nous liant à jamais à l’oeuvre madáchienne. Avant de parler de la reprise de 1981 au théâtre Madách de Budapest, il convient d’esquisser brièvement les circonstances de la création et surtout le moment qui l’avait engendrée, faute de quoi les problèmes que nous avions rencontrés risqueraient d’être situés dans un contexte dépourvu de signification. 63

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