Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)
György Lengyel: Deux crétations de la Tragédie de l'homme
DEUX CRÉATIONS DE LA TRAGÉDIE DE L’HOMME L’OEUVRE DE MADÁCH DANS LA VIE D’UN METTEUR EN SCENE „Le visage des grands poètes apparaît toujours différent à travers la brume des différentes époques et les chefs-d’oeuvre changent avec le temps. Les oeuvres qui ne changent pas de la sorte ne sont sûrement pas des chefs-d’oeuvre car le changement est la preuve de la vitalité et de la pérennité. Les commentaires et explications, que l’on dit, souvent et dédaigneusement, forcés ou artificiels ne sont, peut-être, que les indices de l’insertion du poète ou de l’oeuvre dans le contexte d’une époque ultérieure, processus qui ne se fait jamais sans difficulté ni artifice.” Ces lignes, que je viens de citer, sont extraites du Vrai Shakespeare de Sándor Hevesi. La Tragédie de l’homme, chef-d’oeuvre classique de la littérature dramatique hongroise, se prête particulièrement à de nouvelles interprétations, commandées par la succession des époques. C’est une inépuisable source d’inspiration pour toute génération de comédiens et de metteurs en scène, adeptes des différentes écoles ou styles d’art dramatique. En cent ans, la Tragédie a inspiré de nombreuses créations sur les scènes de Hongrie et de l’étranger et qui ont donné lieu à d’innombrables performances de comédien et de metteur en scène. Deux créations datent de deux moments fort différents de l’évolution de la vie artistique et sociale, aussi l’approche que je vais adopter se fera-t-elle de deux manières bien distinctes. Dans le premier cas, je me propose de présenter une chronique et dans le second, je tenterai une analyse et poserai quelques problèmes de création. Les deux dates se situent à l’hiver et au début du printempas de 1954, d’une part, et à la saison théâtrale 1980-1981, d’autre part. Mes souvenirs de mes dix-sept ans vont ainsi côtoyer ceux de mes quarante-quatre ans. A l’automne de 1953, la troupe d’amateurs du lycée de 62