Bereczky Erzsébet (szerk.): Imre Madách: La Tragédie de l'Homme. Adaptation Française de Jean Rousselot. Précédée de Textes sur Diverses céreations de l'Oeuvre (Budapest, 1986)
La Tragédie de l'homme (texte intégral)
Comme le soleil, pour n’être pas seul, Dessine sur l’eau sa face royale Et la caresse et la cajole, heureux D’avoir une compagne, en oubliant Généreusement qu’elle est le reflet De son propre feu et meurt avec lui. ADAM N’en dis pas plus, pour ma confusion... Qu’est-ce, la voix que nul ne peut entendre Et la clarté qui n’illumine rien? Et que serais-je, moi, si, dans ta vie, Comme dans une fleur, ou un écho, Ne s’épanouissait la mienne, afin Que je puisse m’aimer? LUCIFER Ces mignardises, Dois-je en être le témoin? Je préfère En détourner mon regard. Quelle honte Si la Raison oubliait ses calculs Pour envier ces effusions puériles! (Un petit oiseau se met à chanter près d’eux.) EVE Ecoute, Adam... Dis-moi, le comprends-tu Ce chant d’oiseau, tout amour et bonheur? ADAM Le ruisseau me disait la même chose... EVE Tout la répète... O, sublime harmonie: Il n’est qu’un sens, mais des milliers de langues. 142