Petőfi gyüjtemény - B sorozat / 45-ös doboz
310 LA NOUVELLE REVUE main tienne une coupe de vin, que les lèvres ba'isent un front pur ou des seins palpitants, que l’âme s’exhale aux échos delà patrie qui souffre, le poète est toujours en proie à la tristesse de son ciel sans bornes, de ses plaines également infinies. Avec Michel Tompa, l’amertume de la défaite remplace les sonores défis de Koloman de Totli. C’est au lendemain de la capitulation de Gorgei à Vilagos. Tompa s’adresse à une cigogne. L’oiseau, suppose-t-il, revient à son vieux nid. Le soleil réchauffe de ses rayons la place qu’il avait abandonnée. Il va pouvoir en paix réparer sa frêle habitation, y préparer l’avenir de ses petits en toute tranquilité? Non, non! la blessure do Michel Tompa saigne et la patrie a trop souffert, souffre encore trop : Ne va pas sur le pré ; Ce n’est qu’un cimetière. Ne va pas dans l’étang; il déborde de sang. En cherchant sur les tours un coin où te poser, crainâ de mettre les pieds sur des braises ardentes. Vole, vole et si dans le Midi, quelque part, tu trouves des.bannis qui se cachent et qui errent, dis-leur que tout s’en va et que nous nous perdons, que, gerbe déliée, la nation s’éparpille... Les fiancées font des vœux pour demeurer stériles; les parents, sans pleurer, voient mourir leurs enfants, et le cœur des vieillards se remplit d’allégresse, en pensant qu’ils n’ont plus à vivre bien longtemps... C’est chose bien douce que la patrie. Et partout, pour ceux qui n’admettent pas Les barrières inflexibles des frontières, qui croient que partout où il y a de la joie et de la peine, les sourires et les larmes de l’homme ont droit à la sympathie ou à la pitié des autres hommes, le mot de patrie résume tout un ensemble d’images spontanées, de souvenirs chers, d’espérances délicates. Qu’cst-cc que la patrie, au fait? Est-ce l’enjeu de la victoire, une dénomination que la loi du maître nouveau affiche sur la dénomination de l’ancien maître ? N’est-ce pas plutôt ce rien sur lequel la poussière des siècles ne fait que passer et qui consiste dans le coin de terre, maison, simple pierre où palpita l’âme des aïeux? Ce n’est point la tempête, ni