Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

PÁZMÁNY THÉOLOGIEN 61 ut fiat opus bonum morale sine gratia, licet antecedens possibilitas ad opera moralia sit in voluntate." Le censeur, J. de Salas, en identifiant la thèse de Pázmány à celle de Vazquez, la formule ainsi (en la modifiant!): ,,£a opinio Patris Vazquez asserentis: nullum opus moraliter bonum effici posse, quod non procedat ex auxilio gratiae vere et proprie dictae, nullo modo esset a nostris amplectenda aut ferenda. ” On voit la différence dans la formulation. Pázmány dit simplement „grâce”. On avait critiqué l’opinion de Vazquez, car le secours requis par lui ne peut pas s’appeler la grâce et n’appartient pas à l’ordre surnaturel, ni à l’ordre des secours proprement salutaires. C’est Ripalda qui a exprimé (plus tard) cette critique contre la thèse de G. Vazquez, tout en admettant que la nature humaine est, par ses propres forces, capable de faire des actes moralement bons. Ripalda soutient que de fait, dans l’ordre actuel, d’après le plan établi par Dieu, aucun acte moralement bon ne s’accomplit sans qu’il soit aussi surnaturel et par conséquent l’effet d’une grâce proprement dite et intrinsèquement surnaturelle. Entre l’optimisme de Pélage et le pessimisme de Luther, les théologiens catholiques, baneziens et molinistes, cherchaient l’équilibre, suivant le Concile de Trente. On devait contrebalancer le „pessimisme” d’Augustin avec l’„optimisme” de Thomas. Disons avec le P. de Lubac: „la différence la plus habituelle entre eux deux, différence essentielle mais qui n’est pas contradiction, vient de ce que Saint Thomas envisage fréquemment d’abord la nature humaine en tant que telle, de manière encore abstraite, indépendamment du péché et de ses suites, tandis que Saint Augustin partait de l’expérience de l’homme pécheur; tout en reconnaissant la transcendance du surnaturel, Saint Thomas montre en lui, par une interprétation peut-être un peu facile du fecisti nos ad Te’ augustinien, ’un achèvement donné à la nature dans le sens même qu’ébauchaient déjà ses inclinations actives’ (G. de Broglie SJ)...” Et pour ce qui concerne „les fameuses contreverses de auxiliis vainement interdites par le pape, ou les querelles indéfinies autq^ir du jansénisme”, le P. de Lubac note: elles „furent stériles, non seulement parce qu’il s’y mêlait trop de partis pris d’école et trop d”humain, trop humain’, mais, plus radicalement,

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