Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

56 F. SZABO universel, en ne soustrayant rien de notre libre détermination ni de son résultat à la causalité première, mais en maintenant toujours cette causalité motrice à son niveau métaphysique et transcendant. Pázmány, comme Valencia, évite de disjoindre le sujet agissant de son acte agi. Dieu coopère, par sa transcendance créatrice, au déploiement intégral de la liberté humaine, et la maintient unie à la Source d’être. Pázmány distingue la causalité créatrice (générale) de l’efficacité surnaturelle (de la grâce). Dans le premier cas les deux causes se mêlent pour produire l’effet: „influxus creatus causae primae et secundae reipsa non distinguuntur, sed sunt una simplex actio”. Pour ce qui concerne l’acte surnaturel: Dieu, par sa grâce antécédante et efficace, nous meut avant l’acte; non pas par une praemotio physica, mais en nous faisant faire, en nous aidant à nous déterminier nous même: "in operibus supernaturalibus, quae Deus facit nos facere (cf. Teilhard de Chardin: „Dieu fait se faire les choses”!), actionem Dei esse priorem secundum rem in motione gratiae praevenientis, per quam Deus excitat liberum arbitrium, ut faciat...” Dieu nous fait donc auto-créateurs, sa grâce nous libère. Plus nous dépendons de Dieu, plus nous sommes indépendants et libres au bien, pour faire ce qu’il veut faire — non pas à notre place, mais — par nous et avec nous. En analysant les moments qui précèdent l’acte de foi, Pázmány avait déjà expliqué: 1’assensus fidei doit être précédé par le jugement de crédibilité: nous devons reconnaître que la vérité à croire (présentée par l’Eglise) est digne de foi, mais — comme il n’y a pas d’évidence pour la raison, celle-ci est incitée à l’adhésion par le pius credulitatis affectus, comme le dit le Concile d’Orange II et le Concile de Trente, et cette pia affectio agit sous la motion du Saint-Esprit (la grâce). (00 IV 383-388). Le Concile de Trente s’est occupé de la foi qui est à l’origine du processus justificatif pour préciser la doctrine catholique contre les protestants qui réduisaient, par la doctrine de la justification par la foi seule, la part personnelle de l’homme dans le processus. Le Concile reprend l’enseignement du Concile d’Orange, qu’il précise en introduisant les termes, devenus classiques depuis le Moyen Age, de grâce prévenante, excitante et adjuvante. Le chapitre VI dit:

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