Folia Theologica 1. (1990)

Ferenc Szabó: Pázmány théologien

PÁZMÁNY THÉOLOGIEN 57 „Disponuntur autem ad ipsam justitiam dum excitati divina gratia et adjuti, fidem ex auditu concipientes, libere moventur in Deum, credentes vera esse quae divinitus revelata et promissa sunt, atque illud in primis, a Deo justificari impium per gratiam ejus, per redemptionem quae est in Christo Jesu.” Et le canon 3 résume: „Si quis dixerit, sine praeveniente Spiritus Sancti inspiratione atque ejus adjutorio hominem credere, sperare et diligere aut poenitere posse, sicut oportet, ut ei justificationis gratia conferatur: A.S.” L’expression sicut oportet fut ajoutée à la demande d’André Vega, un des principaux théologiens du Concile. La grâce est donc indispensable pour croire propter testimonia supernaturalia et propter auctoritatem divinam (Vega), sans elle, il n’y aurait qu’une foi humaine. C’est la doctrine du Moyen Âge. Le sicut oportet — explique Aubert — désigne ici non pas une valeur méritoire pour le salut, telle que la concevra la théologie moliniste, mais la foi qui s’appuie sur l’autorité divine, par opposition à celle qui ne s’appuie que sur des conjectures humaines.”20 Pázmány, en traitant de la question de la grâce nécessaire à la pia affectio (00 IV 407-415), se réfère — mise à part l’Ecriture — au Concile d’Orange, à Saint Augustin, au jeune Saint Thomas (De Veritate 24) et à G. Vazquez. Pázmány veut éviter, d’une part, l’erreur sémipélagienne, et d’autre part, celle de Baïus; il suit G. Vazquez et le jeune Saint Thomas (augustinien) pour résoudre la dubitatio 3. (Et ici nous touchons déjà une de ses thèses critiquées par la censure romaine.) Toute cette argumentation éclaire la perspicacité du jeune professeur hongrois: il analyse les textes avec un „sens histroico-critique”, ce qui manquait à son adversaire, J. Deckers qui supçonnait chez Pázmány tantôt un certain pélagianisme, tantôt une affinité avec Luther. (Pázmány lui-même a relevé dans son autodéfense la contradiction de ces accusations.) Le P. Bouillard a montré que, justement à propos des textes cités par Pázmány, certains soupçonnaient même le jeune Saint Thomas d’erreurs sémipélagiennes, mais sans fondement solide. C’est un fait que le jeune Thomas avait ignoré le sémipélagianisme 20. AUBERT, p. 77, cf. p. 37.

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