Czére Andrea szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei (Budapest, 2008)

STÉPHANE LOIRE: Nicolas Vleughels (1688-1737) a Budapest: La Prise de Possession Pontificale du Pape Clément XI (1701)

lencienne pour Navoir des yeux que pour la présente, que la magnificence regnant, ou devoit seullement régner la Simplicité. Je vous rends un conte un peu long d'un ouvrage qui partira dans peu, jai cru vous devoir faire ce petit detail affin de vous informer des raisons que jai eues de traiter ce sujet comme je vous lenvoie, au reste II y eut une grande fete de Tableaux ici mer­credi dernier, je nosai pas y exposer ce tableau, mais jy mis le festin du mauvais riche que jai fait pour vous, et j'ose vous dire quil fut approuvé, peut être M r Rousseau vous fera til part de ce que le public en a dit. » Cette lettre est l'un des très rares textes connus de la main de Nicolas Vleughels et le seul dans lequel il commente longuement l'une de ses peintures. Avant même de pouvoir être mise en rapport avec la toile de Budapest, elle donnait déjà des éléments biographiques importants sur le séjour de l'artiste à Venise, où il parvint à la fin du mois de mars 1707; il s'y trouvait encore à la fin du mois d'août de la même année et il est possible qu'il y soit resté beaucoup plus longtemps puisqu'il ne reparaît ensuite qu'à Modène, de novembre 1712 à novembre 1713 2i ; elle apprend encore qu'il fut probablement en relation étroite, lors de son séjour en Italie, avec Paul Ponce Antoine, dit Robert de Seri (1686-1733), un autre peintre français qui voyagea lui aussi à Rome et Venise, qui fut lié au cardinal Melchior de Polignac et à Pierre Crozat et semble avoir été un grand amateur de Corrège puisqu'il copia sa décoration de la coupole de l'église de San Giovanni Evangélista à Parme. 24 Mais ce courrier apporte surtout des informations particulièrement précieuses sur l'origine et la signification de La Prise de pos­session pontificale à Rome, dont il permet tout d'abord de situer l'exécution : entreprise à Rome avant la fin du mois de mars 1707, l'œuvre a été achevée à Venise, vraisemblablement dans le courant du mois d'août suivant. Il s'agit donc de l'un des premiers tableaux de Vleughels aujour­d'hui identifiés, peint au même moment, ou juste après Le repas chez le mauvais riche de Pavlovsk (Fig. 4), l'artiste étant alors déjà âgé de trente-neuf ans. L'œuvre a été peinte pour un correspondant anonyme mais on peut supposer qu'il devait s'agir d'un Français puisque le courrier a été rédigé dans la langue maternelle du peintre et qu'il mentionne un « Monsieur Rousseau », un marchand français installé à Venise qui offrit alors l'hospitalité à l'artiste et avec lequel celui-ci entretint jusqu'à sa mort des relations d'ami­tiés. 2 " Il est certain que le destinataire de l'œuvre a prescrit le sujet à peindre, et même qu'il fournit des indications précises sur la manière dont il devait l'être, allant peut-être jusqu'à don­ner ses dimensions ou celles qu'il convenait d'accorder au sujet principal. 26 Pour celui-ci, d'autre part, Vleughels mentionne plusieurs des personnages figurant dans sa peinture assez précisé­ment pour permettre de l'identifier avec celle de Budapest - les spectateurs, les cardinaux, les gardes suisses — et il semble avoir à l'esprit les images gravées des cérémonies des « posses-

Next

/
Oldalképek
Tartalom