Czére Andrea szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei (Budapest, 2008)
STÉPHANE LOIRE: Nicolas Vleughels (1688-1737) a Budapest: La Prise de Possession Pontificale du Pape Clément XI (1701)
procession royale et la structure des édifices placés à droite, en arrière de la composition, sont si proches de celles de la Prise de possession pontificale à Rome que l'on imaginerait volontiers que le souvenir de l'une de ces deux œuvres ait inspiré l'autre à l'artiste. Formulée intuitivement à partir d'observations stylistiques, l'attribution à Vleughels de la toile de Budapest est très heureusement confirmée par une lettre écrite de Venise par l'artiste à un correspondant malheureusement non identifié, le 19 août 1707, qui se rapporte sans aucun doute à cette œuvre 21 : «J'arrivai à Venise vers la fin de Mars, je navois osé finir votre Tableau de la marche du Pape dans Rome; aussitôt que je fus ici [à Venise], je ne perdis pas un moment pour perfectionner autant que j'en suis capable cet ouvrage que javois commencé, je ne sais si vous en serez aussi satisfait qu'on men a paru content ici; je le souhaitte parce que je souhaitte extrêmement vous satisfaire, vous dites dans la lettre de M r Rousseau que je me suis fait paier, et cela est vrai, mais en vérité, vous ne pouvez vous imaginer le tems, et les soins qu'il a falu emploier pour un pareil ouvrage. Jai choisi pour sujet le moment que le Pape va prendre possession de St Jean de Latran, jai pris l'endroit de la marche qui ma parut le plus convenable pour la peinture qui est le Campo vachino auprès de lare de Titus / quoiqu'il y ait un furieux travail dans cet ouvrage, on pouvoit cependant y en mettre davantage mais je nai pu représenter que ce qui est autour du Souverain, lespasse que vous maviez marquée sur la toile, netant pas assez grande pour faire paroitre tout ce qui serencontre dans ces sortes de fetes, a moins qu'on eut voulu faire ce qu'on voit dans des estampes qui est de faire des figures lune sur lautre, ce qui est faux dans la Nature, et insouffrable (si j'ose me servir de ce terme) dans des tableaux; je me suis donc contente d'y mettre un peu de tout comme vous verrez, j'y ai mis du peuple qui regarde j'y ai semé quelques moine des femmes des enfans : je n'ai pas voulu faire faire ressembler le Pape, car aiant vetu mes spectateurs dune manière convenable a la peinture, on m'auroit convaincu de faux me faisant voir que le peuple n'est pas vetu ainsi que je lai fait, jai cependant vetu les officiers du Pape et les ministres comme ils sont a present, ces habillements étant anciens, jai suivi en cela Robert, et je ne pouvois suivre un meilleur guide, jai fait les cardinaux comme ils sont les prélats les Suisses etc. Comme le sujet de la manière que vous laviez pensé m'en demandoit d'eux, il a fallu absolument faire voir dans le lointain lautre sujet, jai donc dans le fond du Tableau disposé une petite ville de Hierusalem, et jai fait dans un chemin qui arrive a la porte de la ville lentrée de Notre Seigneur ces figures sont fort petites selon le plan, je les ai tenues [illisibles] et un peu effacées, par ce que les objets qui sont loing, ne sont pas sensible comme ceux qui sont près, et il ma semblé qu'en cette occasion la raison favorisoit votre intention. Il semble que cette entrée en Jerusalem demie effacée convient a merveille avec la pensée que vous avez eu, pour représenter leglisc d'aujourd'hui qui efface et oublie