Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 88-89.(Budapest, 1998)

PÓCS, DÁNIEL: Giovanni Battista Naldini: Les Trois Grâces avec Amour. Un maniériste florentin sur la trace de Botticelli, Raphaël, Borghini

sources écrites qui le mentionnent, citons en premier lieu le commentaire d'Énée par Servius et les vers III/19 et IV/7 d'Horace. 37 La deuxième variante où les Grâces sont habillées comme chez Naldini était beau­coup plus rare aux XV-XVI es siècles. Dans sa Descriptio, Pausanias fait remarquer que, comme l'attestent les documents disponibles sur le sujet, ce type de représenta­tion est plus ancien que le précédent. 38 Des sources écrites antiques, en particulier De beneficiis de Sénèque, 39 mentionnent même que les Grâces, vêtues de robes transpa­rentes, dansent en rond en se tenant par la main. Outre la description de Sénèque, des conceptions Renaissance influaient également sur Naldini lors de la composition de ses Grâces. C'est l'analyse d'Edgar Wind qui attire notre attention sur la signification spéciale que revêtaient pour les gens de cette époque la direction du regard des trois femmes, incarnant en même temps des valeurs néoplatoniciennes. Le tableau de Budapest fait partie des œuvres où les trois actes complémentaires (don, acceptation et remise) liés à la notion de bienfaisance (bénéficia) se traduisent iconographiquement par les différentes poses qu'adoptent les figures montrées de dos, de profil et de face. 40 Dans son ouvrage Hieroglyphica paru en 1556, Piero Valeriano en fournit une description et une explication détaillées. Après avoir cité les paroles de Sénèque sur le mouvement et la robe des Grâces, il poursuit en ces termes : « Haec Seneca : nos autem etiam illud minime silentio praetereundum censemus, quod una faelem avertere et occultare fingitur. Altera Charis faciem apertam ostentat, quia eius qui beneficium accipit est, id ostentare et praedicare : tertia partem faciei retributionem celandam esse, ostentandumque ipsum beneficium. » 41 Les Trois Grâces de Naldini furent probablement inspirées par la description de Valeriano, l'unique source peut-être où, conformément aux phrases de Sénèque citées plus haut, elles dansent la main dans la main, vêtues de robes transparentes et sont effectivement représentées de dos, de face et de profil. Il est cependant curieux d'ob­server que, même l'illustration figurant à côté du texte de Y Hieroglyphica représente les Grâces sans vêtements. On peut en conclure que Naldini ou le concepteur de son plan s'inspirait à coup sûr du texte en question mais négligeait la gravure correspon­dante (fig. 22). La robe transparente des Grâces n'est pas identique non plus. Par exemple, l'épaule de celle au centre reste couverte. Lodge Webbe elle aussi omet de souligner les diffé­rences dans la façon de s'habiller des deux autres femmes, bien qu'il s'agisse là d'un 37 Wind, E., Pagan Mysteries in the Renaissance, New York-London 1968 2 , pp. 30-31, n. 9; pour le groupe de statues de Sienne v. LIMC 3, n° 124. 38 Wind, op.cit. p. 31, n. 10; LIMC 3, pp. 191-192. 39 Sed utrumlibet ex istis iudica verum; quid ista nos scientia iuvat? Quid ille consertis manibus in se redeuntium chorus? Ob hoc, quia ordo beneficii per manus transeuntis nihilo minus ad dantem revertitur et totius speciem perdit, si usquam interruptus est, pulcherrimus, si cohaeret et vices servat et ...solutis itaque tunicis utuntur; perlucidis autem, quia bénéficia conspici volunt. Lucius Annaeus Seneca, De beneficiis, 1/3,2; cité par Dempsey, Ch., Botticelli's Three Graces, JWCI 34 (1971) p. 327 40 Wind, op.cit. pp. 32, 45, figs. 16-19. 41 J'ai utilisé l'édition suivante : Piero Valeriano, Hieroglyphica sive de Sacris Aegypticorum, Alia­rumque Gentium Uteris Commentarii, Basileae 1567, 401 A.

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