Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 85. (Budapest, 1996)
PASSUTH, KRISZTINA: M. H. Maxy, figure clé de la peinture roumaine du XXe siecle et l'avant-garde internationale
éléments comme plus tard, mais ont plutôt l'air de flotter un peu au-dessus des autres couleurs. Le ciel bleu clair du fond, le pointillé au pinceau rapide des arbres et des buissons créent une atmosphère assez détendue. L'agencement traditionnel de la composition, l'énorme chapeau de paille accentuant la rudesse du visage typé, l'assurance de soi qui se dégage du modèle représenté témoignent de l'acceptation sans réserve des aspirations de la peinture traditionnelle roumaine de l'époque. Sans doute la comparaison de ce tableau de Maxy avec des œuvres de Nagybánya d'avant 1920 permet-elle d'y déceler certaines analogies. Bien que n'appartenant pas à l'école de Nagybánya, l'artiste a dû prendre peut-être indirectement connaissance de telle ou telle tendance stylistique caractérisant les toiles qui en sont sorties. C'est peut-être l'approche de Tibor Boromisza qu'il sent la plus proche de la sienne. Les œuvres maîtresses de cet artiste ont été exécutées au cours de la première décennie du siècle à Nagybánya, et de ses portraits d'homme émane en effet la même étrange et ferme détermination que de la toile en question de Maxy, réalisée en 1920. Dans l'évolution artistique de Maxy, l'année 1921 constitue comme la synthèse et l'aboutissement de ses précédents résultats et expérimentations. Pour aller de l'avant, il a besoin d'expériences d'une nature tout à fait différente, ce dont il prend lui-même conscience de très bonne heure. Ce n'est qu'après son voyage de 1922 à Berlin qu'il deviendra le chef de file de l'avant-garde roumaine à partir de 1923. 29. M.H. Maxy : Nu au voile, 1922. Bucarest, Muzeul National de Artâ A côté de Maxy qui, par son activité inlassable, joue un rôle primordial dans l'épanouissement de l'avant-garde roumaine, il convient de relever à l'arrière-plan la présence d'autres personnalités et d'autres influences également importantes dans l'histoire spécifique de la culture roumaine. Citons en premier lieu le nom de Constantin Brancusi (Pestisani 1876-Paris 1957) qui, grâce à son attrait personnel, au «mythe» créé autour de lui et surtout à son immense prestige artistique, exerça un impact fertilisant sur la jeune génération de sculpteurs. Le point culminant de ces relations latentes - plutôt à sens unique - fut l'exposition de Bucarest en 1924, où Brancusi envoya quatre œuvres 5 en signe de solidarité avec le mouvement de Roumanie, sans pour autant 5 A l'exposition de la revue Contimporanul (du 30 novembre au 30 décembre 1924), les sculptures de Brancusi figurent sous les numéros 104-107. Cf. Contimporanul 50-5 1 ( 1924) s.p.