Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 85. (Budapest, 1996)
PASSUTH, KRISZTINA: M. H. Maxy, figure clé de la peinture roumaine du XXe siecle et l'avant-garde internationale
30. M.H. Maxy : Nature morte, 1922. Bucarest, Muzeul National de Artâ y prendre une part active, sinon par l'intermédiaire de son élève, Milita Patrascu (Bucarest 1892 - Bucarest 1976). 6 Une toute autre personnalité joue également sur la toile de fond des événements, et c'est Tristan Tzara (Moinesti 1896 - Paris 1963 ), qui en tant que figure-phare du mouvement dada, jouit de privilèges particuliers. Ses débuts de poète et de journaliste l'attachent également à la Roumanie, où il commence à publier des vers dans sa langue maternelle, et participe en 1912 à la rédaction de la revue Simbolul. Doté d'un immense prestige aux yeux de ses compatriotes, il tient à rester en relation avec eux. 7 C'est en partie sous son influence que le mouvement de Roumanie assimile de nombreuses idées propres au dada. Les avant-gardistes de Bucarest découvriront - entre autres - l'art africain dont l'empreinte apparaîtra directement à leur exposition de 1924 et, indirectement, dans la production de Maxy. Naturellement, la sculpture africaine ne manqua pas d'influencer les premières œuvres réalisées de Brancusi non plus, et ainsi l'art primitif fut présent en Roumanie par son intermédiaire. Quant à Tzara, dans l'immédiat après-guerre - à l'été de 1920- il rentre en Roumanie pour plusieurs mois, mais ne s'y trouvant pas vraiment à l'aise, 8 il se contentera par la suite de soutenir le mouvement de l'extérieur, tout en maintenant le contact avec un certain nombre d'écrivains et d'artistes roumains. On doit le considérer néanmoins comme l'un des parrains de l'avantgarde de Roumanie. L'art d'Arthur Segal (Jassy 1875 - Londres 1944), également d'origine roumaine, 9 aura de même une influence décisive sur l'avant-garde roumaine et, en premier lieu, sur Maxy (à partir de 1922). L'épanouissement de la peinture-et de l'activité pédagogique - de Segal a précisément lieu dans les années 1920, loin de son pays, à Berlin. En 1910, on le voit encore à Bucarest comme participant à l'exposition «Tinerimea Artistica» (La jeunesse artistique), mais l'année 1916 le trouve déjà à Ascona au sein d'une communauté artistique formée spontanément, qui se fera connaître par la suite sous le nom de «Monte verità». C'est alors qu'il se forge la théorie dite de l'équivalence dans laquelle il tente, de façon fort singulière, de trouver un dénominateur commun entre l'égalité sociale et l'égalité des parties constitutives du tableau. 6 Entre 1912 et 1914 à Paris, Patrascu est l'élève de Brancusi. 7 I. Voronca : Marcher au pas.Tristan Tzara parle à l'Intégral, Integral, Bucarest 1925, p. 12, s.p. 8 La lettre de Tzara à Picabia, datée du 29 juillet 1920 v. Vanci, M., Concept de modernisme et d'avantgarde dans l'art roumain entre les deux guerres (Thèse de doctorat), Paris 1974, p. 74. 9 Segal, E., Segal in Ascona, in Arthur Segal 1875-1944, Cat. Cologne 1987, pp. 87-93.