Tátrai Vilmos szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 82. (Budapest, 1995)

GABODA, PÉTER: Conclusions historiques (et muséologiques) du trajet d'une statue égyptienne

antiquités livrées au gouvernement égyptien 47 ont été déposées dans la Citadelle du Caire. La statue du prince héritier Chéchonq devait faire partie de cette collection. La Citadelle abritait la première collection des antiquités pharaoniques (ce fut le modèle du futur Musée de Boulaq fondé en 1858). Il est remarquable qu'une pièce analogue à la statue de Budapest et conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne faisait originellement partie de la collection de l'archiduc Maximilien d'Autriche à Miramar. 48 Elle date de la même époque (XXII e Dyn.), se range dans la même catégorie (pose agenouillée, naophore), la personne représentée porte la "boucle de l'enfance" et le vêtement du grand prêtre de Memphis. L'ancienne collection de Miramar fut constituée de trois grands groupes 49 quoique l'origine de certaines pièces ne puisse pas être établie exactement. Pourtant, je suppose que la statue naophore peut être mise en rapport avec la visite de Maximilien en Egypte en 1855. Lors de cette visite, le vice-roi Saïd, conformément aux coutumes orientales, a offert à Maximilien 50 plusieurs antiquités conservées dans la Citadelle. 51 L'historique des deux statues analogues renvoie à leur origine commune: à notre avis, les monuments offerts à Fouad Pacha et à l'archiduc Maximilien faisaient partie de la collection réunie dans la Citadelle dont les pièces provenaient des fouilles menées au Sérapéum. 52 Dans la carrière diplomatique de Fouad, on peut relever une date bien éloquente. En 1851, la Porte a mis en vigueur un nouveau Code juridique qui devait être mis en application en Egypte aussi. Mais les Egyptiens auraient préféré le "Code-Abbas", élaboré sous Mohammed Ali et codifié à l'époque du vice-roi Abbas, leur garantissant plus d'autonomie (ils étaient surtout contre la clause garantissant à la Porte l'ultime décision en cas de l'exécution de la peine capitale). 53 D'abord ce fut Abbas qui a dépêché une délégation à Constantinople (mai 1851) puis la Porte a confié à Fouad une mission spéciale: mettre en application la Tanzimat en Egypte, résoudre les problèmes de la construction du chemin de fer, de la succession et des impôts. Comme la date de cette visite tombe aux mois d'avril-juillet 1852, 54 époque où Mariette a déjà livré à plusieurs reprises des antiquités au gouvernement égyptien, il paraît logique de 47 Pour les sources françaises contemporaines sur la provenance de la statue et le sort des objets découverts au Sérapéum, cf. l'étude d'I. Nagy dans ce même volume. 48 Kunsthistorisches Museum ÄS Inv.-Nr. 5773; dans collection de Miramar: Nr. 628. 49 Premier groupe: les objets achetés par l'archiduc après 1849 à Anton Laurin, ex-consul autrichien à Alexandrie (1834-1849); deuxième groupe: objets acquis pendant le voyage égyptien de Maximilien en 1855; troisième groupe: achats effectués par L. Rcinisch en 1866 pour Maximilien, cf. Satzinger, H., Die Eigentumverhältnisse innerhalb der ägyptischen Sammlung von Miramar, in Massimiliano. Rilettura di un' esistenza. Atti del convegno. (Trieste, 4-6 marzo 1987), p. 194-203. 50 Remarques de Satzinger sur les traditions exagérant le nombre de ces cadeaux: In der ägyptischen Tradition hat sich die Geschichte soweit verändert, daß der Vizekönig angeblich den gesamten Museumbestand verschenkt hat. Der österreichische Erzherzog aber habe sich das Geschenk erschlichen, indem er die Antiquitäten entgegen der orientalischen Etikette weit über geböhr bewunderte end damit den Gastgeber zwang, sie ihm zu schenken. Op.cit. p. 194. 51 Les objets reçus par Maximilien en 1855 peuvent être de provenances différentes; il a acquis notamment des statues découvertes en 1852 par J. Hckckyan à Memphis, cf. Roggc, E., Statuen des Neuen Reiches und der dritten Zwischenzeit, CAA Kunsthistorisches Museum, Wien 6, Mainz am Rhein 1990, p. 103. 52 La provenance de la statue de Vienne est inconnue. Pour l'indication du Sérapéum, cf. PM IIP, p. 818; Málék, J., RdE 38 (1987) p. 121, n. 24. Une autre hypothèse fut également émise, cf. Rogge, op.cit. p. 164-72, n. 51. La provenance maintenant documentée de la statue de Budapest (Sérapéum) peut servir de preuve pour la pièce de Vienne aussi. 53 Wucher King, J., "Code of Abbas" in Historical Dictionary of Egypt (African Historical Dictionaries, No 36), London 1984, p. 233; "Tanzimat", ibid. p. 604-605. 54 Davison, R. H., Fu'ad Pasha, in Encyclopaedia of Islam II, Leiden, 1965, p. 934-36.

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