Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 76. (Budapest, 1992)

NYERGES, ÉVA: La Madeleine pénitente du Greco a Budapest

sont autant de détails qui rapprochent encore davantage les deux œuvres. La mante de la Madeleine, comme une énorme tache vibrant dans des tons violets, encadre la silhouette de la sainte. Nous retrouvons ce même jeu d'ombres et de taches dans le tableau de la Madeleine de Worcester et nous le reconnaissons également derrière saint Laurent dont la silhouette est mise en évidence par une tache nuageuse bleutée. Dans l'œuvre connu du Greco, c'est toutefois la première apparition d'un tel procédé pictural. 25 Il a été question plus haut des préfigurations vénitiennes de la Madeleine péni­tente. La Vision de saint Laurent nous amène à parler également de l'autel saint Laurent à Verbosca (L'église de l'Isola di Lésina), 26 daté entre 1576 et 1578 sur la base des analogies stylistiques; il faut également mentionner les tableaux pour un autel de l'église Saint Laurent par A. S. Coello représentant le martyre de saint Etienne et de saint Laurent, 27 commandé pour l'Escurial et dont la genèse est probablement postérieure à celle du tableau du Greco. Fait curieux, la dalmatique du saint est à chaque fois rendu avec beaucoup de réalisme dans les dessins du riche brocart d'or. C'est de cette même manière que le Greco dut par la suite représenter, vers 1586-88, les habits de saint Etienne et de saint Augustin participant à la cérémonie des funé­railles du comte Orgaz. La différence de conception dans la manière de peindre les habits que nous remarquons sur les toiles de Budapest et de Monforte de Lemos n'exclut donc nullement que ces deux peintures puissent être des pendants. Ces derniers temps, ce sont F. Marias et A. Bustamente qui se sont occupés le plus en détail des contacts italiens du Greco; 28 par eux, nous savons que le choix des sujets du maître lui fut probablement suggéré par ses clients dont nous ne possé­dons d'ailleurs que fort peu d'informations. L'auteur de la commande pour les deux tableaux avait peut-être été le religieux espagnol de Rome Luis de Castilla qui avait également pu l'encourager à prendre la route d'Espagne. 29 Pour le moment il reste encore à prouver que la Madeleine pénitente et la Vision de Saint Laurent aient appartenu à une même collection. Ni les inventaires de l'Escu­rial dressés à l'époque, 30 ni les informations de Don Pedro Criado Juarez, ne four­nissent de renseignements qui permettraient d'affirmer que les deux tableaux ont fait partie de la collection de l'Escurial au XVI e siècle, ce qui pourrait donner à envisager l'hypothèse qu'ils furent des pendants. A la question de savoir si la Made­leine pénitente pouvait venir de Monforte de Lemos, la réponse a été également négative. 25 Jordan, W. B., in Cat. El Greco de Toledo, Museo del Prado, Madrid 1982, p. 231. 2(5 Pignatti, op. cit. (n. 12) cat. 223, figs. 539-541. 27 Diaz Gallegos C, « Los pintores manieristas italianos y espanoles en San Lorenzo el Real ». IV. Centenario del Monasterio de El Escorial. Las colecciones del Rey, Madrid 1986, pp. 77-85. 28 Marias, F.-Bustamente, A., Las ideas artisticas de El Greco, Madrid 1981, p. 204 : « Parece indudable que al Greco hay que considerarlo como un hijo más del Renacimiento, mucho más proximo a Venecia y Roma que a Creta o Espana, tanto desde un punto de vista estrictamente artistico como, en general, desde un punto de vista, mucho más totalizador, comó el cultural. El Greco es mucho más italiano que griego o espanol tanto en su arte como en su cultura o en su estética, como demuestran bien a las claras sus pinturas, su biblioteca y sus anotaciones teóricas. » et pp. 219, 172. 29 Kagan, R. L., The Toledo of El Greco et Brown, J., El Greco and Toledo, in. cat. El Greco of Toledo op. cit. (n. 25) pp. 62-63 et 94. 30 Bayton, G. F., Inventorias Reales III, Madrid 1985, pp. 85-103. 4S

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