Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 76. (Budapest, 1992)

NYERGES, ÉVA: La Madeleine pénitente du Greco a Budapest

La Madeleine pénitente, destinée à décorer un site de méditation solitaire, devait avoir comme pendant iconographique un Saint Pierre pénitent. Toutefois, dans l'œuvre du Greco qui nous est actuellement connu, les tableaux qui s'apparentent le mieux à la Madeleine pénitente de Budapest sont des représentations de l'extase de saint François qui datent de la jeunesse de l'artiste 21 et une Vision de saint Laurent 22 actuellement en la possession des Padres Escalopios à Monforte de Lemos. Cette dernière a pu être comparée à la Madeleine pénitente de Budapest grâce à la restau­ration, il y a quelques mois, de celle-ci. 23 Une étude plus approfondie de l'œuvre restaurée et enrichie de traits nouveaux a permis de situer la Madeleine pénitente de Budapest à proximité de la Vision de saint Laurent un tableau dont l'historique nous est pratiquement connu dès les tout premiers temps, et de les situer toutes les deux à la dernière partie du séjour en Italie du Greco (fig. 25). Les travaux de restauration durent démontrer que le tableau de Budapest a été mutilé de 15 mm sur la droite et de 50 mm sur la partie supérieure, ce dont il s'ensuit que seul le bord inférieur et celui de gauche peuvent être considérés comme authen­tiques. La forme inhabituellement coupée de la trouée dans les nuages constitue également un détail qui accrédite l'hypothèse de la mutilation, étant donné que ces formes présentent chez le Greco un dessin généralement fermé. Il est vraisemblable que la Vision de saint Laurent a été perceptiblement mutilée sur le bord inférieur et dans une plus faible mesure sur le bord de gauche. Le dessin de la visière avait dû être plus intact à l'origine. L'échelle des deux tableaux est la même, tandis que la composition de l'un reflète pratiquement celle de l'autre comme le ferait un miroir. D'après les photos, il semblerait que les toiles des deux tableaux soient sinon iden­tiques, du moins tissées selon des procédés très similaires. Pour ce qui est du tableau de Budapest, il s'agit d'une toile damassée dans un réseau en diagonale et dont le dessin ressemble plus ou moins à des losanges (fig. 27). A la suite d'une analyse technique approfondie des toiles du Greco au Prado, Maria del Carmen Garrido a constaté que le peintre « utilizó estas telas de dibujo desde los comienzos de su car­rera artistica hasta obras del final de su actividad pictorica », 24 ce qui fait donc que la toile vénitienne ne peut être considérée comme un argument valable en faveur d'une datation qui nous remonterait trop loin dans la jeunesse. Chacun des deux saints incarne en sa personne une prière intérieure mais, tandis que chez la Madeleine seuls la pose, le geste de la main et la présence de la « lueur céleste » laissent deviner l'apparition, sur la toile de saint Laurent la vision est bel et bien présente. La sensibilité délicate des visages témoignant de la peinture d'après modèle, l'étrange expressivité des yeux et les formes allongées des mains, surtout des deux mains gauches, l'une reposant sur le crâne, l'autre tournée vers la visière, 21 Wethey, H. E., El Greco and his SchoolI-II, Princeton 1962. cat. 210, pp. 213-214. 22 Ibid. cat. 25.5. 23 Selon le restaurateur Miklós Móré, les dimensions originales du tableau devaient être de 162 X 122,5 cm. L'improtance de la mutilation peut être déterminée avec plus ou moins d'exactitude grâce à des stries laissées par un châssis ayant autrefois encadré le tableau. Les tra­vaux de restauration ont révélé une île invisible auparavant avec des maisons et une église à l'arrière-plan, la forme et le dessin du flacon se firent plus nets et le texte dans le livre devait présenter une configuration différente. 21 Garrido, M.d.C., Estudio tecnico de cuatro Anunciaciones de El Greco, Boletln del Museo del Prado, Madrid 1982, p. 231.

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