Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 75. (Budapest, 1991)

GONDA, ZSUZSA: A propos de la page 15 de la Bible Illustrée de Julius Schnorr von Carolsfeld

ciproques. Le jeune homme à l'extrémité gauche a l'air de flotter dans l'espace — Schnorr a visiblement hésité quant à la pose du pied. Sur la feuille de Budapest, le fond est indiqué en grandes lignes : à gauche on voit des personnages qui se désin­téressant de l'action avancent vers un autel de sacrifice, tandis qu'à droite l'artiste a tracé un groupe de soldats à cheval devant une espèce de bastion. Il semble que Schnorr ait été satisfait de la composition, car le 16 novembre 1851, au lendemain de son exécution, il écrivait dans son journal : « „Da sahen die Kinder Gottes nach den Töchtern der Menschen wie sie schön waren, und nahmen zu Weibern welche sie wollten." Dieser Gegenstand, einer der jenigen welche Bunsen als Reihenfolge meiner Zeichnungen zu beachten mir bezeichnet hatte, beschäftigte mich in den letzten Tagen und (erreichte?) heute in einem Umriss seine Erledigung. » 31 Une année plus tard il reprendra le dessin, et sur la feuille de Munich qui devait servir à la gravure sur bois il répétera les principaux motifs de la feuille de Budapest (fig. 48). 32 Le rocher y reçut sa place stable de manière à offrir un appui sûr aux protagonistes. Sur la feuille de Budapest on devine plutôt qu'on ne voit un petit ruisseau entre les deux groupes. Sur la feuille de Munich cette ligne de séparation naturelle est clairement indiquée. La scène principale n'a subi qu'une seule modifica­tion mais qui est essentielle du point de vue du contenu : la femme au bras levé a cédé la place à un vénérable vieillard du genre des prophètes dont le geste admonestant n'en a que plus de poids. Schnorr a minutieusement élaboré les scènes du fond : à gauche on voit deux hommes et une mère conduisant ses enfants qui marchent vers l'homme en train d'offrir un holocauste. La scène de droite a pris un caractère plus combatif : sous le mur d'une forteresse un prince portant la couronne commande à un guerrier de mettre à mort quelques hommes ; non loin de là on voit un couple dansant quelque peu mystérieux. La gravure sur bois (fig. 49) se calque sur le dessin que Schnorr avait déjà exécuté selon les besoins de la gravure : une hachure réticulée est destinée à faciliter le travail du graveur. La conséquence en est que l'ensemble de la composition a perdu la fraîcheur qui caractérise la feuille de Budapest. En suivant le développement de la composition on est frappé de voir que le jeune homme nu assis sur le rocher le dos légèrement tourné vers le spectateur, appuyé sur sa main gauche et levant l'index de sa droite vers son menton se retrouve sous une forme essentiellement identique sur toutes les esquisses. 11 s'agit d'un motif­clé auquel Schnorr semblait tenir. Son archétype était Vignudo assis au-dessus du prophète Joël au plafond de la Chapelle Sixtine (fig. 50). Les deux figures sont appa­rentées par la position assise, la main appuyée et la disposition des pieds, encore que Schnorr en détournant légèrement le buste du modèle vu de profil ait réalisé une pose plus relâchée. Les deux jeunes hommes ont une stature athlétique et portent de longs cheveux frisés — symbole traditionnel de l'éternelle jeunesse. Les spécialistes de l'œuvre de Michel-Ange ont repéré l'original de ce type particulier sur des gemmes 31 Tagebucheintrag 16.11.1851. Dresden Sächsische Landesbibliothek Mscr. Dresd. n° d'inv. 31.1, Bl. 101 v 32 München, Städtische Galerie im Lenbachhaus, Die Kinder Gottes vermischen sich mit den Kindern der Welt, n° d'inv. : G 1 573, plume, encre noire, 219x260 mm, : au milieu sur la pierre : 18 S 52 Nov., sous le dessin le verset de la Bible encadré. Je tiens à remercier le docteur Annegret Hoberg de la photo et de l'autorisation de la reproduire.

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