Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 75. (Budapest, 1991)

ZENTAI, LORÁND: «Le Massacre des Innocents». Remarques sur les compositions de Raphaël et de Raimondi

l'étude de composition de nus en vue de «La Dispute» qui est conservée à Francfort, étant donné que, comme nous l'avons vu, la composition de la gravure elle-même a résulté de travaux réalisés sur l'ensemble de fresques qui orne la Stanza délie Segnatura, et que certains spécialistes attirent eux aussi l'attention sur la ressemblance frappante qui existe entre les types de personnages de la composition du dessin de Francfort et ceux de la composition du « Massacre des Innocents ». 18 Dans le même temps, on est frappé par la différence que présentent le mode de structure des per­sonnages et la technique du dessin à la plume. On peut observer dans le dessin de Francfort (fig. 27) une parfaite synthèse de la formation ombrienne et de la post­formation acquise dans le contexte plus moderne de l'art florentin, sous forme d'un parfait équilibre des contours très légers et du rilievo et d'une structure extraordinaire­ment nette, cristalline et ordonnée des hachures qui aboutissent à une plasticité très vivante. On retrouve la même structure linéaire dans l'esquisse londonienne de la composition du « Massacre des Innocents ». ](J Par contre, dans le cas de la feuille de Budapest, le dessinateur s'est efforcé, dans le cadre de contours vigoureux et nettement dominants, de reconstruire avec un bonheur variable, à l'aide de hachures confuses et dépourvues de système interne, une méthode de représentation des corps fort complexe, qui donne ainsi l'impression de ne pas être la sienne (fig. 28). Etant donné que les détails, au plan de la qualité, restent en-deça de l'ensemble de la vaste composi­tion (qui a probablement été reproduite par calque, à en juger par les traces de la pointe de métal), l'hypothèse la plus vraisemblable est que nous avons affaire à une copie d'époque du modeîlo de Raphaël. Dans une telle situation, quoique sur la base de prémisses opposées, d'où arrivant à des conclusions également à l'opposé, il paraît logique de conclure avec Joannidès que le dessinateur était en l'occurrence, non pas Raphaël, mais « Marcantonio Raimondi, l'unique alternative possible ». Quoique, comme on sait, attribuer un dessin à Raimondi revienne de nos jours en gros à vouloir résoudre une équation à plusieurs inconnues grâce à un trop petit nombre de facteurs connus, l'historien de l'art se trouve fréquemment contraint de passer par-dessus les lois mathématiques. Bien entendu, le résultat ne peut guère en l'occurrence être plus qu'une hypothèse plus ou moins vraisemblable. Le plus récemment, c'est Konrád Oberhuber qui a élaboré à partir des dessins attribuables à Raimondi une construction fragile mais extrêmement brillante, résultant de plu­sieurs décennies de recherches. 20 La solidité relative de l'édifice en question est sur­18 Frankfurt am Main, Städelsches Kunstinstitut, n° d'inv. 379. Cf. Joannidès, op. cit. (n. 5) p. 72, n° 20, et p. 184, n° 205. 19 Un détail qui montrera à quel point la question est paradoxale et complexe : la litté­rature spécialisée la plus récente reconnaît à l'unanimité le caractère homogène du dessin de Londres et son authenticité, qui ne fait aucun doute, les chercheurs se démarquant des réserves émises par Fischel. Celui-ci, en effet, mû par une logique incompréhensible de nos jours, a cru distinguer dans le dessin deux «mains» différentes, et il tenait précisément les hachures men­tionnées pour un ajout apporté après coup, qu'il n'attribuait pas à Raimondi du seul fait qu'il était convaincu que « le Bolonais dessinait mieux que cela». (NB — A l'époque, on ne trouvait même pas d'hypothèses sur le style graphique de Raimondi comme dessinateur dans les ouvrages spécialisés !) V. Fischel, op. cit. (n. 7) p. 252. n" 233. 20 Faietti, M.-Oberhuber, K., Bologna c Vumanesimo 1490 1510. Bologna 1988. pp. 51-88.

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