Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 73. (Budapest, 1990)

SIMON, ZSUZSANNA: Le Musée des Beaux-Arts de Budapest en tant que modele artistique

tapisserie d'amateur criarde. Le tout nous parle, dans le style d'un photo-réalisme objectif, d'une dégradation multiple de cette grande œuvre. Le changement de signi­fication et la dévaluation des œuvres célèbres de l'histoire de l'art ont constitué l'un des thèmes favoris des réflexions de l'art dans les années soixante et soixante-dix. 10 Mais ce n'est pas la reproduction d'art et l'effet qu'elle produit qui intéressaient Birkás en l'occurrence. Il voulait pour sa part découvrir l'essence même de la peinture pour étudier son ontologie jusqu'à découvrir sa peinture à lui. C'est un moyen d'étude analytique de ce genre qu'il vit dans la photographie, moyen si différent de la peinture et semblant tellement plus impersonnel. C'est après tout cela qu'il commença à faire de la photo, et qu'il entreprit de photographier le Musée des Beaux-Arts. Il se mit à l'œuvre sans conception bien arrêtée, mais dans le ferme espoir de voir le musée, condensé de l'art et de la peinture, montrer dans cette perspective nouvelle à l'instrument objectif qu'est l'œil de l'appa­reil-photo quelque chose de son essence qui était jusque là passé inaperçu. Il commença par photographier l'édifice de l'extérieur (1975-76), s'efforçant de trouver les signes de l'art dans ses murs, dans les pierres du bâtiment, au pied des murs. Et de fait, il trouva ce qu'il cherchait : dans le quadrilatère du viseur, la facture des pierres, les taches de peinture et de saleté, les jointoiements entre les moellons, les crevasses, les débris au pied des murs, tout cela se trouva ordonné en tableaux, en peintures inconnues et jamais vues. Mais on devait bientôt se rendre compte que ces tableaux n'étaient pas si inconnus qu'il y paraissait et que ces taches, ces fissures et ces marques de saleté s'ordonnaient en formes picturales, en tons et en compositions véritables dans lesquels il était possible de reconnaître les styles fondamentaux de la peinture abstraite, à savoir l'abstraction géométrique et expressive. Qui plus est, non seulement ces deux types stylistiques étaient discernables, mais encore d'autres caté­gories picturales connues en général, différents exemples éloquents de la représentation linéaire, pittoresque, décorative et en profondeur, autrement dit toute la panoplie de la peinture traditionnelle. C'est également le modèle de cette peinture traditionnelle qu'offre une figure fort simple et à peine structurée que l'artiste découvrit à d'in­nombrables exemplaires sur le mur Sud-Ouest du Musée (fig. 28). Il s'agit d'une surface striée (rayée) verticalement dans laquelle une ligne ténue démarque un quadrilatère (comme celui d'un tableau) dont les stries (raies) sont très similaires à celles de la surface de fond mais en diffèrent cependant. Birkás a été contraint de reconnaître dans ce phénomène de « similarité mais non identité», dans ce découpage rectangu­laire rappelant un tableau, les fonctions de la peinture traditionnelle, l'imitation et la composition. De ce fait, cette figure qu'il photographia ensuite sous les formes les plus diverses devient le modèle fort clair, simplifié visuellement, d'une peinture tradi­tionnelle et conventionnelle, et qui plus est précisément de la peinture qui se trouve entre les murs du Musée. Paradoxalement, les conditions et les moyens aussi peu 10 Lipman, J. — Marshall, R., Art About Art. Whitney Museum, New York 1978 ;MonaLisa im 20. Jahrhundert Wilhelm-Lehmbruck Museum, Duisburg 1978.

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