Varga Edith szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 68-69. (Budapest, 1987)
SZILÁGYI, JÁNOS GYÖRGY: Un pionnier
maîtres qui travaillaient en Etrurie pour des Etrusques devaient apprendre, indépendamment de leur origine, à faire l'art grec de la façon comme les Etrusques le voyaient ou voulaient voir. Le rôle — et non pas l'importance — du peintre de Casale del Fosso ressemble à celui du poète grec de l'Italie du Sud né cinq siècles plus tard dont l'activité marque le début de la littérature romaine. Alors à Rome on exigeait l'Odyssée, mais en latin, en vers saturniens, inspirée, au lieu de la Muse, par la Camena. Et on ne refusa jamais le rang du poète romain au semigraecus Livius Andronicus. Il faut ici revenir au motif de la biohe debout. Le philhellénisme des Etrusques — parallèlement aux d'autres tendances différentes — fut présent jusqu'à la fin de l'histoire de leur art. Mais même dans ses formes extrêmes, seulement le niveau inférieur de la production se caractérisait du manque d'indépendance. Les artistes étrusques regardèrent les motifs grecs généralement de façon souveraine: ils ne respectèrent pas les limites des styles locaux grecs souvent très différents l'un de l'autre et ils choisirent conformément à leur goût dans l'ensemble des motifs grecs. 78 Le fait de choisir un motif à. peine connu dans la grande masse de la production de la peinture de vases géométrique grecque pour en faire le motif dominant d'un vase est un geste caractéristiquement étrusque. L'association libre des trais caractéristiques des différents styles locaux grecs est devenue bientôt généralement admise par les maîtres étrusques de la peinture de vases géométrique — il suffit des rappeler le peintre d'Argos 79 —, ce qu'on ne peut prendre pour éclectisme que de l'optique grecque, mais il s'agit en vérité d'une possibilité de la formation d'un art géométrique étrusque autonome. Le peintre de Casale del Fosso — comme le style des motifs animaliers du support de Budapest le permet de constater — garda presque tout à fait nettement les formes de la peinture grecque géométrique. Sa production picturale est beaucoup plus proche de celle d'un écrivain traducteur que la production des autres maîtres connues de la peinture de vases géométrique étrusque. Cela aussi, de même que le contexte archéologique du vase de Véies, renforce l'opinion qu'il faut le situer parmi les premiers. On a vu que l'hypothèse qu'il fut peintre et potier, ne manque pas de base, et même si le fragment ,du Forum ne peut pas être lui attribué, il témoigne de ce que son art ne fut pas tout à fait isolé dans la civilisation contemporaine de l'Etrurie méridionale. Dans la chronologie de la production de vases qu'on peut situer dans la 2 e moitié du 8 e siècle il y a pour le moment trop peu de points stables pour rendre incontestables au moins les dates fixées d'une précision de dix ans. C'est la raison pour laquelle malgré toute vraisemblance et en attendant d'autres pièces à découvrir, c'est plutôt au sens de chronologie relative qu'absolue qu'on peut prendre actuellement le peintre pour le premier personnage artistique reconnaissable de la peinture de vases figurée étrusque et de l'art étrusque pris au sens historique plus strict. 80 Son activité représente, certes, une période dans laquelle, s'il fut né et 78 Pour cela tout dernièrement Scheffer, Ch., in Ancient Greek and Related Pottery (Proceedings of the International Vase Symposium '1984), Amsterdam 1985, p. 229—233; ses conclusions générales doivent être encore étudiées et discutées. 79 Colonna, G., MEFRA 92 (1980) p. 598—605; Isler, loc. cit. (ci-dessus n.6) p. 26— 28 et 41 (avec quelques attributions pour le moment non convaincantes); Sgubini Moretti, A. M., Arch, nella Tuscia 2 (1986) p. 75, pl. 34 et 37. 80 II est naturellement possible, de plus probable que nombreaux des vases décorés exclusivement de motifs géométriques (chevron, cercles concentriques etc.) soient peints par le même maître, mais même si l'on pouvait les reconnaître on ne pourrait