Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)
POGÁNY-BALÁS, EDIT: Remarques sur une peinture de Lodovico Dondo: réplique de la Cene de Leonard de Vinci
et puis, avec une grande vigueur, sur celle de Dondo. Le concile de Trente attribua de l'importance à la mise en relief de l'institution de l'Eucharistie sur les représentations de la Cène, soulignant que l'Eucharistie est le corps et le sang réels du Christ, à l'opposé de la conception protestante selon laquelle ils ne sont que des symboles. Il pensait pouvoir l'exprimer précisément par le bouleversement, la frayeur des apôtres. Après le concile de Trente l'institution de l'Eucharistie était soulignée précisément par l'expression passionnée, effrayée etc des apôtres, probablement conformément à des prescriptions directes de l'Eglise dirigées contre la conception protestante. C'est pourquoi on voit sur le visage de l'apôtre Jacques de Dondo cette épouvante presque difforme ce qui, sur la peinture originale de Léonard n'est qu'une profonde stupeur et sur le dessin de Windsor qu'un sentiment profond, mais sans aucune frayeur (fig. 50). Le Saint Jacques de Lodovico Dondo révèle une certaine analogie avec la tête de Saint Jacques de la fresque provenant de la Certosa di Pavia 17 et transférée dans la suite à Londres, mais encore sans l'épouvante convulsée. On ne retrouve pas cette expression non plus sur la fresque, datant d'avant le milieu du XVI e siècle, de Tongerloo 18 où les têtes, montrant des caractéristiques de Mantegna, se rattachent fortement aux traits de quelques têtes de Dondo de Mantoue. L'étude des rapports entre les motifs permet d'avancer certaines corrections importantes aux biographies. Si le Judas de Léonard avait comme modèle la statue en marbre monumentale de Constantin, ce qui ressort bien du personnage sur l'oeuvre de Dondo aussi, on peut en déduire qu'un voyage à Rome eut lieu, mais seulement après le dégagement de cette statue, donc après 1486 quand elle fut découverte pour être transportée en 1492 au Capitole. L'un des deux types de têtes 19 datant de sa période la plus précoce, mais qui revient dans tout son oeuvre, est cette tête d'homme au profil net qui est reprise dans la Cène pour la tête de l'apôtre Barthélémy, et dont le caractère à Capernaum (St. Jean 6:54) „Celui qui mange ma chair, et qui boit mon sang, a la vie éternelle", et dans cette scène une part de ses disciples abandonnent le Maître, disant „Cetté parole est dure" etc. A cette „shuddering houre" de la Cène, à cette ,,Terrible and awesome table", comme, d'après Jungmann, Steinberg cite les paroles de Jean Chrysostome, le bouleversement et la frayeur sont compréhensibles. C'est ce qui revient, exagéré, dans les représentations ultérieures du visage de Jacques, quand il fallait souligner l'importance de cette interprétation, connue déjà avant (Jungmann, J. A.: The Mass of the Roman Rite: Its Origin and Developement. New York, 1951. I. 39.); Feddersen: op. cit. 122 se réfère aussi à la présence de plusieurs sens.; Variations dans le visage de Jacques: recueillement, mais pas de consternation sur le dessin de Léonard, Windsor 12552; Recueillement, mais consternation sur la peintture de Léonard, fresque Castellazzo, Certosa di Pavia, Cesare Magni; Effrayé, mais sans déformation, avec des rides douloureuses au front chez Tongerloo, ressemble au visage du Christ sur le dessin à Venise (Galleria délia Accademia, n. 231); Déformé, effrayé: sur les dessins de Lomazzo, Dondo, Bianchi Vespino, Rubens, sur la gravure de Soutman (fig. 48), sur la peinture de Bossi, sur la copie de van Dyck d'après Rubens en collection particulière espagnole. u Copie provenant de la Chartreuse de Pavie, la partie supérieure est découpée. Londres, Royal Academy. Attribuée à Marco d'Oggiono, à Giampietrino et à Boltraffio. Adaptée comme à des modèles aux dessins de Matteini et Bossi et à la gravure de Frey. 18 Tongerloo, près d'Anvers, copie d'huile sur toile attribuée à Andrea Solario, 4,18X7.91 m- Repr.: M ö 11 e r, op. cit. pl. II, 117. 19 Concernant les deux types de tête de Léonard cf.: P o g à n y - B a 1 à s, E.: Remarques sur les têtes de guerriers de Léonard et le portrait colossal en bronze de Constantin. Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts, 42. (1974) 41—54.