Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)
CZÉRE, ANDREA: Esquisses nouvellement découvertes de Giuseppe Cades aux peintures murales a Ariccia
qu'il avait tué en duel. Il voudrait continuer à le porter bien que le chevalier tué ne l'ait mis à sa disposition que pour quatre jours. Maintenant Argalia ,,reprend" son heaume: son esprit apparaît dans l'eau et fait des reproches à Ferragù pour avoir manqué à sa parole. Parmi les épisodes choisis, outre la scène représentant le mage Atlas vaincu par Bradamante, c'est l'unique où il y a référence au duel, motif des plus typiques et constamment repris des histoires chevaleresques. Dans les autres scènes, au lieu du combat, ce sont les intrigues et les victimes de l'amour, les aventures et les miracles y relatifs qui sont prépondérants. Le chevalier Ferragù, effrayé par la vision, et son cheval paissant sont représentés dans un paysage riche du bord de la rivière que le peintre a encore élargie sur la peinture murale, conformément au format allongé. Le format en hauteur du dessin permet d'en conclure qu'au moment de l'exécution de ces esquisses l'ordre des scènes et leur emplacement n'était pas encore clair pour l'artiste. Dans la composition achevée il a très peu changé les personnages dessinés avec virtuosité, et même ce peu sert la plus grande simplicité et netteté, ainsi que, évidemment, l'adaptation au format changé. Le riche dessin décoratif des chevaliers est appauvri de quelques détails, Ferragù ne porte plus son manteau flottant, accroché avec une barre, et le heaume d'Argalia n'a plus de plumes. La main d'Argalia ne cache plus la tête du cheval paissant. L'expression du visage de Ferragù exprime, certes, du bouleversement, mais par rapport au dessin, la composition a perdu de sa vivacité, de son élan dramatique. Les gestes sont plus pondérés, puisque la détrempe ne permet pas de donner un rôle fondamental à la ligne, au tracé, le plus direct parmi les moyens d'expression de Cades. Par contre, les détails du paysage, esquissés seulement sur le dessin, sont plus travaillés, plus fidèles à la réalité, grâce à quoi l'histoire romantique, tel un rêve, fait un effet plus réaliste. Dans cette scène de la rencontre fantastique de Ferragù et d'Argalia, dessinée avec des tracés spontanés, la lumière joue également un rôle important. La lumière crue, brillant sur la tête, l'armure, le manteau de Ferragù, rappelle de loin la manière des maîtres vénitiens d'appliquer la lumière. Comparant ce dessin avec une pièce plus tardive de la série, avec la scène intitulée la Fée Logistilla enseigne à Ruggero comment traiter 1' hippogriffe (fig. 114), les deux oeuvres les plus opposées de la série signalent les deux pôles entre lesquels se situe l'art de dessinateur de Cades. Ces deux diffèrent en bien des choses, tout en n'étant séparées dans le temps que tout au plus par un an — ce qui est une nouvelle preuve d'un aspect de l'oeuvre de Cades, traité déjà par Caracciolo, notamment que des éléments stylistiques opposés, des traits classicistes et romantiques sont à la fois présents dans son art. 26 Les motifs principaux sont analogues: deux figures humaines, une figure animale, des arbres ou des colonnes dans l'arrière-plan, mais le tracé et les ombres sont différents et par là il crée une atmosphère qui diffère sur les deux feuilles. Dans la représentation de l'épisode de Ferragù et d'Argalia les traits de plume et le lavis sont marqués par un élan, un rythme rapide. Les lignes s'épanouissent librement et se fondent avec vigueur, d'une manière décorative — surtout dans les détails du fond, faits comme un croquis — et en même temps, l'éclairage venant du côté droit est vivement marqué. La composition représentant Ruggero et Logistilla provoque par contre un effet monumental, grâce au profil statique des personnages, au tracé économe des formes, aux contours purs et simples, aux contrastes moins 2(i Caracciolo, M. T.: 1977. op. cit. 246.