Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 54. (Budapest, 1980)
POGÁNY-BALÁS, EDIT: Sur le modele antique d'un dessin de Fortune du Codex Escurialensis
parce que ni l'un, ni l'autre ne présente la couronne murale qui se voit cependant sur le relief de sarcophage et est au moins indiquée sur les dessins postérieurs. A mon avis, il est possible de constater avec certitude que le modèle de la représentation de Fortune (fig. 25) est l'une des figures du relief de sarcophage nuptial se trouvant à l'église San Lorenzo fuori le mura de Rome (fig. 26). Ce sarcophage fut bien connu à Rome depuis 1256 lorsqu'il fut employé à y mettre le corps, selon l'inscription gravée sur le sarcophage, du cardinal Guglielmi Fieschi di Lavagna (t), parent du pape Innocent IV qui fut le légat de l'armée pontificale dans la bataille contre Manfred Hohenstaufen.' 1 Le sarcophage se trouve au-dessous d'un tabernacle, à droite de l'entrée de l'église et l'inscription du sarcophage explique pourquoi il fut ici installé: „Hic requiescit corpus Dommuni Guilelmi Sancti Eustathii Diaconi Cardinalis nepotis quondam felicis recordationis DNI (domini) Innocenta Papa quarti ex progenie comitum Lavanie orti cujus anima requiescat in pace." Ce sarcophage romain remplit la même fonction que les sarcophages de Campo Santo de Pise et ceux de la cathédrale S. Matteo de Salerne et encore un grand nombre de sarcophages romains qui servirent au Moyen Age à y ensevelir les morts. Le sarcophage est à tous points de vue très intéressant. Il est l'un des plus remarquables qui nous sont parvenus. Les dimensions imposantes, les figures bien construites, mais aux proportions sveltes qui se détachent du relief plein de force, la représentation sérieuse, les lignes finement dessinées, le caractère romain des vêtements, la conception fortement réaliste des têtes — tout cela rend probable qu'il fût exécuté au début du 3 e siècle, au 'temps de Septime Sévère. Le relief de sarcophage de l'église San Lorenzo fuori le mura de Rome qui représente à droite le jeune couple, au centre une scène de sacrifice et à gauche la marche s'avançante d'un groupe de plusieurs personnes, servit de modèle, comme l'attestent les analogies aussi, à la représentation de Fortune du Codex Escurialensis, y compris également les détails pris jusqu'à présent pour des additions de la Renaissance. Pour déterminer la ligne de descendance, quelques gravures faites d'après ce relief par Marcantonio Raimondi"' sont de grande importance, l'une d'elles 4 Rossbach, A.: Römische Hochzeits- und Ehedenkmäler. Leipzig, 1871. 40.; Matz, Fr. — D u h n, F.: Antike Bildwerke in Rom. vol. II. Leipzig, 1881. 330.; V e rmeule, C. C: The Dal Pozzo-Albani Drawings of classical Antiquities in the British Museum. Transactions of the American Philosophical Society 50. 1960. 5.-83. V e rmeule, C. C. : The Dal Pozzo-Albani Drawings of classical Antiquities in the Royal Library at Windsor Castle. Transactions of the American Philosophical Society 56, 1966. 5.-77.; Horster, M.: Eine Unbekannte Renaissance-Zeichnung nach römischen Sarkophagen. Archäologischer Anzeiger 90. Berlin, 1975. 403. p. 427: Anhang. Skizzenbücher der Renaissance nach Antiken: enumeration des livres d'esquisses d'après le relief de sarcophage de San Lorenzo fuori le mura; N e 11 o - B o 1, M. M.: The Socalled Maarten de Vos Sketchbook of Drawings after the Antique. La Haye, 1976. 20, 35. (Le rapport de ce relief de sarcophage et du dessin de Fortune du Codex Escurialensis n'est pas remarqué.) fi Thode, H.: Die Antiken in den Stichen Marcantons. Leipzig, 1881 6., Pl. IV.; Bartsch suppose que le dessin de Fortune de Marcantonio Raimondi fut exécuté d'après Raphaël ce qui confirme la possibilité de rapprocher l'une partie du Codex Escurialensis de Raphaël: Bartsch, A.: Le peintre graveur. Vienne, 1803—21. XVI. No 275.