Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)

GARAS, CLAIRE: Tableaux baroques inconnus a Budapest

idées, bien que contradictoires, que l'on se fait sur lui, ne répondent pas entière­ment aux caractéristiques du Portement de la Croix de Budapest/' Pour l'attribution de notre tableau l'identification d'une autre version pour­rait fournir un point de repère. Au Musée de Nancy il y a un Portement de la Croix presque identique publié en 1958 par le professeur Parisét comme oeuvre de Jean Le Clerc 5 (fig. 115),. Les rapports organiques entre les deux tableaux sont évidents, les proportions et les types sont identiques, les effets de lumière sont analogues. Le tableau de Budapest semble quelque peu plus vigoureux, de meilleure qualité, sa conception est plus hardie, a plus de verve. Certains détails le distinguent aussi bien de la gravure de Callot que de la version de Nancy, par exemple le groupe de gauche qui accompagne les larrons est différent, derrière le porte-lance ce n'est pas le mercenaire à barrette, au costume panaché, mais un jeune qui soulève un fouet, la figure du Christ est également différente etc. Nous ne connaissons que fragmentairement l'oeuvre de Jean le Clerc (f Nancy 1633), peintre lorrain, élève de Saraceni, avancé comme auteur du Porte­ment de la Croix de Nancy. Ce maître ayant travaillé à Rome, à Venise, en­suite à Nancy, nous a laissé peu d'oeuvres authentiques, comme les tableaux d'autel en Lorraine, le Concert à Munich. Nous avons l'impression que le Portement de la Croix ne s'y rattache que vaguement et avec incertitude. Il n'y a pas de doute cependant que chez les maîtres italiens on trouve encore moins d'analogies convaincantes, et que certains traits stylistiques du tableau, comme la déformation presque caricaturale des visages, le rôle décisif des effets de lumière, les proportions quelque peu incertaines, correspondent bien au cercle lorrain des artistes qui ont assimilé aussi des inspirations venues d'Italie. Cette hypothèse est appuyée aussi par la gravure ayant servi de modèle, exé­cutée après le retour de Callot à Nancy (1621). Son utilisation à une date relativement précoce — le tableau ne semble pas dater après 1630 — semble également trahir l'origine lorraine. La toile insolite, grossièrement tissée, la touche, par endroit extrêmement fine et soignée, la technique esquissée du groupe de la Vierge du côté droit, inachevé, du tableau, les types mi-italiens, mi-français, sont tous des éléments frappants et décisifs, attribuables probable­ment à un maître dont l'oeuvre témoigne, à côté d'influence italienne, aussi d'influences nordiques, françaises-lorraines. A l'état actuel des recherches nous ne pouvons pas aller plus loin que cette hypothèse dans l'attribution du tableau de Budapest. A défaut de renseignements plus précis, nous devons laisser ouverte aussi la question de l'origine et de la destination du tableau. 4 L'étude fondamentale était L o n g h i, R. : Una traccia per Filippo Napoletano. Paragone 1957. N° 95, 33. Depuis, des publications ont paru qui ont considéra­blement changé l'aspect d'ensemble: Salerno, L. : Il vero Filippo Napoletano e il ve­ro Tassi. Storia dell'Arte, 1970. 6, 139; Il dissenso délia pittura. Intorno a Filippo Na­poletano. Caroselli, Salvator Rosa e altri. Storia dell'Arte 1970. 5. 34; Precisazioni su Filippo Napoletano e i suoi affini. Arte Illustrata 1974 (57). 43; C h i a r i n i, M.: Pit­tori di paesaggio del seicento a Roma. Rome, 1977—78; Filippo Napoletano, Poelen­burgh, Breenbergh . .. Paragone 1972 N° 269. 18; Deux tableaux de Filippo Napoletano ayant appartenu aux collections royales françaises. La Revue des Arts, 1973. 237. 5 Parisét, F. G.: Note sur Jean le Clerc. La Revue des Arts, 1958. VIII. 67. Huile, toile, 72x132. Depuis 1865 au musée de Nancy, à la fin du XVIII e se trouvait, paraît-il, à Paris, comme propriété de M. Bachelier.

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