Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
GARAS, CLAIRE: Tableaux baroques inconnus a Budapest
A la lumière des dernières recherches et de l'exposition de 1974 à Paris — Rome, il n'y a plus de doute que le tableau de Budapest ,,Joueurs de cartes", attribué auparavant au Caravage ou à Bartolommeo Manfredi, est une des plus importantes oeuvres précoces de Nicolo Renieri (Nicolas Régnier, vers 1590 —1667). Maintenant, nous sommes en mesure de compléter encore l'oeuvre de ce maître natif de Maubeuge et ayant travaillé en Italie. Au Musée des Beaux-Arts de Budapest on peut reconnaître une version, inconnue jusque-ici, (fig. 116—117) d'un tableau de Renieri 11 publié récemment du musée Martin von Wagner de Würzburg. Ce tableau, représentant la Madeleine Repentante, figure aux catalagues comme oeuvre d'un disciple de Guido Reni, c'est ainsi qu'il fut acquis avec le legs Zichy par la Galerie Municipale, et auparavant, en 1859, à la vente viennoise de Sámuel Festetits, par Ödön Zichy. 7 Renieri représentait ce thème extrêmement populaire dans d'innombrables versions, et certains types nous sont connus en plusieurs variantes. A la Galerie de Birmingham il y a une Madeleine en toute grandeur, aux galeries de Detroit, Dublin, Suttgart, au palais Durazzo Pallavicini de Gênes, au Musée National de Varsovie et au musée Martin von Wagner de Würzburg, des Madeleine en demi-figure 8 . Plusieurs Madeleine figurent aussi dans les sources documentaires et les vieux inventaires, mais leur identification est quasiment impossible vu les descriptions défectueuses et les répétitions. 0 Sur le tableau de Budapest, la Madeleine Repentante, en demi-figure, regarde vers le haut, se tourne à droite, tenant des deux mains le vase à onguent posé sur un livre ouvert. La pose, le tracé de la tête, du cou, des épaules, de la poitrine, correspondent presque exactement au tableau de Würzburg, la coiffure est également analogue avec les boucles soyeuses qui descendent longuement, mais le dessin de la chemise et du voile qui couvre le bras droit est différent, le livre est absent sur le tableau de Würzburg où la Madeleine tient des deux mains un crâne. Dans les deux cas le type de visage est celui qui revient régulièrement chez Renieri, les joues rondelettes, les yeux brillants, un peu distants, le nez à la ligne délicate et les lèvres épaisses bien arquées. Malgré l'agréable effet d'ensemble et les beaux détails, la comparaison avec le tableau de Würzburg montre que la Madeleine de Budapest est un peu plus faible, le drapé est moins riche, les cheveux sont exécutés en gros, le rendu du visage est plus terne. Quant à la qualité, notre tableau est le plus proche de la Madeleine de Varsovie. P. L. Fantelli, qui a dépouillé l'oeuvre de Renieri, tient cette dernière pour un travail d'atelier où l'on découvre la collaboration des filles peintres de Renieri. Il en est, peut-être, de même pour la Madeleine de Budapest Son modèle devait être la célèbre Madeleine de Guido Reni (Rome, Galleria Nazionale) que Renieri connut probablement lors de son séjour à Rome. 6 B r e j o n, A. — C u z i n, J. F.: Une oeuvre de Nicolas Régnier au Musée des Beaux-Arts de Lyon. Bulletin des Musées et Monuments Lyonnais, 1976. V. 457 Huile, toile, 104x84, 1944 „Reichsbesitz", depuis 1970 déposé au Musée Martin von Wagner de Würzburg. 1 No d'inv.: 53.471, huile, toile, 116x91,5 voir Pigler, A.: Katalog der Galerie Alter Meister. Budapest, 1967. 575. 8 Voir: Fantelli, P. L. : Nicolo Renieri Pittor Fiamingo. Saggi e memorie di Storia dell' Arte, 1974. IX. 79—197. No 13, 31, 36, 25, 113. 9 Fantelli: op. cit. N° 77, 158; encore dans la collection de Maffeo Pinelli, Venise 1785, et dans la collection Farsetti, Venise 1788 (en demi-figures).