Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 51. (Budapest, 1978)

HARASZTI-TAKACS, MARIANNE: Encore une fois sur les Lucrece du Sodoma

de Budapest a la même composition, car sur les exemplaires aussi bien de Turin que de Paris, seul le père soutient l'héroïne, et au fond on voit encore deux per­sonnages dans lesquels les différentes interprétations voient la mère de Lucrèce ou d'autres membres de sa famille. En outre, l'attribut « ignuda » convient le mieux au tableau de Budapest. La nue, exécutée avec des nuances d'une finesse aérienne, l'expression idéalisée du visage de la femme prête à mourir, témoi­gnent de la meilleure période du maître. Selon Vasari aussi, il ne commença à négliger, à bâcler ses oeuvres qu'après avoir obtenu du pape le titre de cheva­lier. Et c'est précisément à ce tableau qu'il devait ce titre. 26 Il est en effet d'une qualité telle qu'il devait entièrement satisfaire aux exigences du pape Medicis, particulièrement intéressé dans les tableaux au sujet laïc, 27 et de la joyeu­se compagnie, dont le Sodoma et Pietro Aretino faisaient également partie, qui entourait le banquier Agostino Chigi, constructeur de la merveilleuse Farnesi­na, au bord du Tibre. 28 Les deux Lucrèce suivantes, dont il est question dans les lettres du peintre, 29 sont si proches l'une de l'autre que cela peut paraître frappant chez ce maître qui ne se répète guère. Aussi me paraît-il probable que le duc de Gonzaga dé­sirait avoir un tableau tout à fait pareil à celui, lui destiné à l'origine, acquis par Giuliano de'Medici, et c'est la raison que cette scène se répète avec si peu de différence. A qui furent destinés chacun des panneaux, nous ne pouvons pas y répondre. La version parisienne était peut-être en effet en Suisse au début de notre siècle, celle de Turin fut transférée au Piémont du palais royal de Turin, ou selon d'autres hypothèses de Vienne. Vers 1870 elle fut attribuée au Sodorna par le même Giovanni Morelli 30 qui acheta pour Edmond Habich le ta­bleau de Budapest qui se trouvait alors à Rome. Ces tableaux datent des envi­rons de 1516, les lettres sont signées par le Sodoma « Eques ». Dans la lettre a­dressée au duc de Ferrare, il mentionne sa rencontre à Florence avec le pape Léon. Par conséquent, ces deux Lucrèce, Gonzaga-Médicis, devaient être exé­cutées peu après le tableau de Budapest qui est d'une beauté ravissante et qui se rattache encore étroitement aux traditions de Léonard. Nous ne nous trom­pons peut-être pas en supposant encore une Lucrèce, toujours latente, faite pour Alessandro Rettori et qui peut être rattachée de plus près au tableau de Buda­pest. Vasari en écrit que son père et son mari soutiennent l'héroïne qui choisit la mort à cause de l'offense faite à sa vertu. Vu que cette description ne corres­pond ni au tableau de Turin ni à celui de Paris, nous sommes en droit de sup­poser que le Sodorna, qui scandalisait les moines du Monte Oliveto Maggiore 20 Cf. : V a s a r i — M i 1 a n e s i, op. cit. VI, p. 387. 27 «... al quale piacevano certe figure strafte e senza pensieri come era cos­tui ... » id. ibid. 28 En août 1545 Pietro Aretino écrivit en réponse à une lettre du Sodoma: « Io nello aprir de la lettera mandatami, leggendoci insieme il vostro nome col mio, cosi me ne risenti sin'nelle viscère, corne se noi ci fossimo l'un con l'altro di présente abracciati con quel'cordiale affetto d'amore, con che ci solevano abbracciare; quando Roma, et la casa d'Agostin'Chisi cotanto ci piacque; ... » Publié: Cust, op. cit. p. 336. 29 Cf. C u s t, op. cit. pp. 296—298, No 16 et 17. Mostra délie opère di Giovanni Antonio Bazzi detto « Il Sodorna ». Catalogo a cura di Enzo Carli. Vercélli — Siena, 1950. No 41. «... la prima attribuzione al Sodorna si deve a Giovanni Morelli ».

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