Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 46-47. (Budapest, 1976)
PASSUTH, CHRISTINE: Oeuvres de János Mattis-Teutsch au Musée des Beaux-Arts
— sur deux. Le dos uni de la plastique, avec la silhouette étrange, caractéristique, est au fond le cadre d'une peinture. Les mêmes bandes concentriques rouges, jaunes et blanches constituent la composition comme sur la face principale, mais tandis que là le bleu est accentué comme couleur froide, ici, c'est le vert. Le caractère étrange, ambivalent de l'art de Mattis-Teutsch n'est jamais aussi net que dans cette oeuvre dont le dos reflète l'expressionisme tendant vers l'abstrait à la Kandinsky —Kupka, tandis que la face témoigne de la transition du Jugendstil vers l'expressionisme. La partie sculptée, avec le couple placé comme dans un orage, évoque des associations relevant du modem style, sans pour autant offrir une analogie directe. Les lignes tourmentées, tortueuses et les courbes tendres des formes sont aussi bien enracinées dans la vision du modem style que le sont dans l'expressionisme les bandes vives et le rouge comme couleur dominante. Encore que la face et le dos suggèrent deux styles différents, l'oeuvre telle qu'elle est. est parfaitement homogène et ne montre aucune cassure. Mattis-Teutsch a donc créé un certain genre particulier de sculpture expressioniste n'ayant pas existé avant lui dans cette forme. Une grande partie de ses plastiques faites entre 1919—1924 rayonne d'un esprit expressioniste, outre celles qui sont peintes, surtout la ,,Maternité" 46 datant de 1919. Notre artiste n'avait rien de vraiment commun avec Brancusi. Les statues en bois précoces, d'avant 1918, de ce dernier pouvaient avoir de l'influence d'un seul point de vue, c'est que leur socle s'intégrait dans l'oeuvre, plus exactement le socle aussi est une oeuvre d'art. Le support et ce qu'il supporte ne sont plus séparables chez lui (voir par exemple Brancusi: Chimère: fig. 84)/'" De même, dans la Sculpture en bois 48 de Mattis-Teutsch, datant de 1924, le socle en pente se fond dans le torse qui s'en élève (fig. 85). Dans les deux cas, toute la différence entre le support et l'oeuvre est simplement que la partie supérieure suggère encore quelque figure, tandis que la partie inférieure, vu sa position, doit nécessairement être le socle. Dans cette statue, le torse et le socle sont exécutés de la même manière rude, anguleuse, large. Elle date de 1924 et, selon les notes de l'artiste, parvint à Berlin. Après 1922, MattisTeutsch a dépassé cette période de Sturm et ne put développer davantage son style précédent, et, fait étrange, dans sa deuxième période d'avant-garde, qui se rattache à son pays la Roumanie, la duplicité disparaît de son art. La peinture et la sculpture se séparent, et dans cette dernière, au lieu des éléments expressionistes, ce sont ceux du Jugendstil qui se renforcent, passant par différents degrés de transposition. Après le ..Ma" et le ,, Sturm" Mattis-Teutsch adhère au cercle de la revue avant-garde de son pays, le Contimporanul (1922—1932) Comme presque tous les mouvements d'avant-garde, celui-ci débuta relativement tard, vers 1922, partait donc nécessairement d'autres bases que les mouvements hongrois ou tchèque. Ses promoteurs avaient, pour la plupart, déjà participé 46 Mattis-Teutsch : Maternité. 1920. Chêne, 20 cm. Propriété privée à l'étranger. 47 Brancusi : Chimère. 1918, chêne, 50 x 134 x 13 cm. Philadelphia Museum of Art. 48 Mattis-Teutsch : Statue en bois. 1924. Se trouve à un endroit inconnu, photo de la succession d'ödön Márton.